Icap accélère les réductions de coûts dans l’espoir d’une normalisation des marchés

Le courtier subit de plein fouet la frilosité de ses clients tout en anticipant une stabilité de son bénéfice imposable annuel à fin mars prochain
Benoît Menou

Icap a présenté hier à l’occasion de son assemblée générale un point d’activité bien morose, tant les éléments se déchainent pour provoquer une «inévitable baisse des volumes de trading» selon le directeur général du courtier, Michael Spencer. Comme si la croissance mondiale en berne ou le manque de réponse décisive à la crise de la dette en zone euro n’y suffisaient pas, Icap pâtit également du scandale du Libor (le courtier a indiqué répondre activement aux demandes d’information des autorités dans cette affaire impliquant directement ses principaux clients), et cite même le Jubilé de la Reine Elizabeth comme source de faiblesse.

Dès lors, le groupe a fait part d’un chiffre d’affaires en repli de 9% sur le trimestre à fin juin, le premier de l’exercice fiscal. Le seul rayon de soleil est venu d’un niveau d’activité toujours en hausse de la part des activités de services post-exécution. En parallèle, Icap s’est lamenté d’une chute de 19% d’une année sur l’autre du volume quotidien moyen de transactions, à 712 milliards de dollars, sur ses plates-formes électroniques obligataire (-18% à 586 milliards) et de changes (-24% à 126 milliards), tandis que le trading voix subissait «un niveau d’activité en repli».

Icap se résigne à envisager un niveau d’activité affaibli pendant «au moins quelques mois» encore, sous l’influence ponctuelle cette fois des Jeux olympiques ou de l’élection présidentielle américaine. A moyen terme pourtant le courtier interbancaire se dit «bien positionné pour la croissance» grâce à la diversité de ses activités et à la solidité de son bilan. Icap mise d’ores et déjà sur une relative stabilité de son bénéfice imposable annuel. De 354 millions de livres l’an passé, il pourrait en effet se situer selon le groupe à fin mars 2013 au centre des prévisions des analystes allant de 335 à 365 millions.

Cette prévision tient compte de l’accélération du programme de réduction des coûts, passant par la suppression d’une centaine de postes à Londres et New York le mois dernier. L’objectif d’abaissement de 50 millions de livres de charges annuelles récurrentes a été avancé d’un an à la fin de l’exercice en cours. Et les économies engrangées d’ici mars 2014 seront «significativement supérieures», Icap précisant que cette ambition exclut l’impact de la baisse d’activité sur la part variable des rémunérations.

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