Hypo Real Estate jette une nouvelle ombre sur la finance allemande
Vivement critiquée pour avoir trompé ses actionnaires sur l’étendue de la crise, la banque immobilière s’affiche optimiste pour l’année en cours
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Lothar Gries, à Francfort
Déjà durement ébranlée par la quasi-faillite des deux établissements publics SachsenLB et IKB, la banque allemande est-elle confrontée à une nouvelle victime de la crise des crédits subprime ? L’annonce de la banque immobilière Hypo Real Estate (HRE) d’une perte de 390 millions d’euros sur des investissements aux Etats-Unis a été d’autant plus mal accueillie que la direction du groupe n’avait cessé jusque-là d’affirmer que HRE ne serait pas touchée par les dépréciations. « Comment est-il possible que le management ait pu tenir de tels propos alors que la crise est en cours depuis six mois ? », s’interroge Dieter Hein, analyste chez Fairesearch.
Wolfgang Gehrke, professeur à l’université de Nüremberg va encore plus loin et reproche au management d’avoir sciemment trompé les actionnaires. « La direction de la banque devrait en tirer les conséquences et partir », dit-il. Les analystes ont notamment été surpris par la décision de la banque de réduire son dividende des deux tiers, passant à 0,50 euro contre 1,50 euro en 2006. « Cette démarche témoigne de la fragilité de HRE », estime Konrad Becker, analyste chez MerckFinck. La banque explique que la réduction du dividende lui permet d’éviter une augmentation du capital de l’ordre de 200 millions d’euros. Les agences de notation avaient en effet demandé à HRE de relever ses fonds propres ou d’abaisser les versements aux actionnaires.
Contrairement aux banques publiques SachsenLB et IKB qui ne doivent leur survie qu’aux mesures de sauvetage de l’ensemble de la finance allemande, HRE s’estime en mesure de sortir de la crise par ses propres moyens. Même si la direction n’exclut pas l’apparition de risques supplémentaires, la banque anticipe un bénéfice imposable de 1,0 à 1,2 milliard d’euros cette année et un rendement des fonds propres après impôt de 10 à 12 %. Pour les analystes de la banque Sal. Oppenheim, « en cas d’aggravation de la crise aux Etats-Unis, HRE sera confronté à une nouvelle dépréciation de ses actifs et aura donc du mal à atteindre ses objectifs».
A la Bourse de Francfort hier des rumeurs de dépréciation touchaient également les titres de Commerzbank. « Il serait surprenant qu’Eurohypo, la filiale immobilière de Commerzbank, soit épargnée par la crise », estimait un broker. Des rumeurs que la seconde banque allemande s’est empressée de démentir, réaffirmant ses objectifs pour l’année en cours d’une rentabilité de 15 %.
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