L’établissement britannique a cédé sa banque privée au Japon à Credit Suisse. Elle se concentre sur les marchés asiatiques les plus prometteurs
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Antoine Landrot
HSBC se retire de la banque privée au Japon. Le groupe britannique a annoncé hier la vente de sa filiale à Credit Suisse, pour un montant indéterminé. La structure gérait 2,6 milliards de dollars d’actifs (2 milliards d’euros) à la fin du mois d’octobre. Les sociétés de gestion se négocient en général entre 2% et 4% du montant des actifs sous gestion selon leur sophistication et leur capacité à générer des commissions, ce qui supposerait un coût situé entre 50 et 100 millions de dollars. En revanche, la transaction ne prend pas en compte les services de banque de détail associés à cette clientèle (HSBC Premier).
HSBC poursuit donc son recentrage. En mai dernier, son directeur général Stuart Gulliver avait annoncé un programme de réduction des coûts de 3,5 milliards de dollars à l’échelle mondiale, et, concernant l’Asie, son intention de privilégier les marchés où le groupe a déjà atteint une certaine échelle et qui recèlent les perspectives de croissance les plus importantes (particulièrement les grandes économies du continent, comme la Chine ou l’Inde).
Credit Suisse n’a visiblement pas fait la même analyse. Déjà présent au Japon, le groupe se renforce dans le deuxième marché mondial des grandes fortunes, derrière les Etats-Unis. L’acquisition de la filiale de HSBC va lui permettre d’étendre sa couverture aux villes de Nagoya et d’Osaka, alors qu’il n’était présent qu’à Tokyo. Cela dit, l’activité acquise dans l’Archipel demeure modeste par rapport à la taille du groupe en Asie, où il gérait 77,6 milliards de francs suisses (63,6 milliards d’euros) au 30 septembre dernier – et le marché local reste dominé par les acteurs nippons.
En 2010, l’Asie a dépassé l’Europe en nombre de millionnaires (3,3 millions contre 3,1 millions) et talonne l’Amérique du Nord (3,4 millions), selon la dernière étude menée par Merrill Lynch Wealth Management et Capgemini Consulting. La valeur du patrimoine a suivi la même tendance, progressant de 12% à 10.800 milliards de dollars. Si le Japon recense encore le nombre de grandes fortunes le plus important de la région (52% d’entre elles, qui possèdent 38% du patrimoine), c’est à Hong-Kong qu’il a le plus progressé (+33%).
Ces perspectives aiguisent l’appétit des banques helvètes. Deux mois avant Credit Suisse, sa rivale Julius Baer a annoncé l’acquisition du portefeuille de clients de gestion de fortune dans la banque d’investissement australienne Macquarie Group.
Le rapport de l’OCDE sur l’économie japonaise recommande une politique de modernisation afin de stimuler la croissance et la productivité d’un pays vieillissant et en manque de main-d'œuvre.
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