Hong Kong est contraint de se porter au chevet d’une économie vacillante
Le gouvernement a lancé un plan de relance de 80 milliards de dollars locaux pour freiner le ralentissement de la croissance, estimée entre 1% et 3% en 2012
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Patrick Aussannaire
Miroir de la Chine, Hong Kong est sur le fil du rasoir. La croissance de la région administrative a ralenti à un rythme annuel de 3% au quatrième trimestre 2011, contre 4,3% au trimestre précédent et 5% sur l’ensemble de l’année. Pis, le secrétaire aux Finances a indiqué hier qu’il prévoyait un ralentissement entre 1% et 3% en 2012. «Si les exportations de biens plongeaient au premier trimestre, l’économie toute entière pourrait se contracter sur le trimestre», avertit même John Tsang. «Je ne suis pas optimiste sur la performance des exportations au premier semestre», avait indiqué le chef de l’exécutif, Donald Tsang.
Le succès de la formule «un pays, deux systèmes» a du plomb dans l’aile. «Hong Kong n’est pas immunisé contre l’impact (de la crise européenne, ndlr) et pourrait enregistrer des sorties de capitaux», s’est inquiété John Tsang. Et la volonté de Pékin de rapatrier les fonds sur le territoire chinois a pesé sur les banques de Hong Kong qui ont vu leurs dépôts en yuans dégringoler de 6,2% à 589 milliards de yuans en décembre, sa plus forte chute en 3 ans. Un mouvement qui «devrait conduire à une hausse des taux, les banques se faisant concurrence pour la liquidité en yuan», estime Frances Cheung, stratégiste chez CA-CIB. D’ailleurs, les banques étrangères désertent l’île. Dernières en date: Daiwa et Samsung Securities et HSBC pourrait procéder à des licenciements sur place.
Sans compter que les prêts hypothécaires garantis par le gouvernement ont chuté de 36% en 2011 à 26 milliards de dollars hongkongais, sa plus forte baisse depuis 2006. La baisse des prix immobiliers, de 6% depuis juin dernier, pourrait atteindre 25% d’ici 2013, selon Barclays Capital. «Le premier semestre s’annonce tendu», prédit Wong Leung-sing, directeur associé chez CPA, la plus grosse agence de l’île.
S’appuyant sur un excédent budgétaire qui devrait atteindre 66,7 milliards sur l’année fiscale qui s’achève fin mars 2012, John Tsang a annoncé hier un plan de relance de 80 milliards de dollars (8 milliards d’euros). Parmi les mesures, 11,7 milliards seront consacrés à une exonération de taxe immobilière, et une émission d’obligations indexées sur l’inflation de 10 milliards est prévue pour soutenir les propriétaires. Le plancher d’imposition sur les revenus sera en outre relevé de 12.000 dollars, à 120.000 dollars, et une subvention de 1.800 dollars par foyer sera octroyée pour les dépenses d’électricité.
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