Hong Kong est contraint de se porter au chevet d’une économie vacillante
Miroir de la Chine, Hong Kong est sur le fil du rasoir. La croissance de la région administrative a ralenti à un rythme annuel de 3% au quatrième trimestre 2011, contre 4,3% au trimestre précédent et 5% sur l’ensemble de l’année. Pis, le secrétaire aux Finances a indiqué hier qu’il prévoyait un ralentissement entre 1% et 3% en 2012. «Si les exportations de biens plongeaient au premier trimestre, l’économie toute entière pourrait se contracter sur le trimestre», avertit même John Tsang. «Je ne suis pas optimiste sur la performance des exportations au premier semestre», avait indiqué le chef de l’exécutif, Donald Tsang.
Le succès de la formule «un pays, deux systèmes» a du plomb dans l’aile. «Hong Kong n’est pas immunisé contre l’impact (de la crise européenne, ndlr) et pourrait enregistrer des sorties de capitaux», s’est inquiété John Tsang. Et la volonté de Pékin de rapatrier les fonds sur le territoire chinois a pesé sur les banques de Hong Kong qui ont vu leurs dépôts en yuans dégringoler de 6,2% à 589 milliards de yuans en décembre, sa plus forte chute en 3 ans. Un mouvement qui «devrait conduire à une hausse des taux, les banques se faisant concurrence pour la liquidité en yuan», estime Frances Cheung, stratégiste chez CA-CIB. D’ailleurs, les banques étrangères désertent l’île. Dernières en date: Daiwa et Samsung Securities et HSBC pourrait procéder à des licenciements sur place.
Sans compter que les prêts hypothécaires garantis par le gouvernement ont chuté de 36% en 2011 à 26 milliards de dollars hongkongais, sa plus forte baisse depuis 2006. La baisse des prix immobiliers, de 6% depuis juin dernier, pourrait atteindre 25% d’ici 2013, selon Barclays Capital. «Le premier semestre s’annonce tendu», prédit Wong Leung-sing, directeur associé chez CPA, la plus grosse agence de l’île.
S’appuyant sur un excédent budgétaire qui devrait atteindre 66,7 milliards sur l’année fiscale qui s’achève fin mars 2012, John Tsang a annoncé hier un plan de relance de 80 milliards de dollars (8 milliards d’euros). Parmi les mesures, 11,7 milliards seront consacrés à une exonération de taxe immobilière, et une émission d’obligations indexées sur l’inflation de 10 milliards est prévue pour soutenir les propriétaires. Le plancher d’imposition sur les revenus sera en outre relevé de 12.000 dollars, à 120.000 dollars, et une subvention de 1.800 dollars par foyer sera octroyée pour les dépenses d’électricité.
Plus d'articles du même thème
-
L'exercice délicat de la renonciation dans les contrats de crédit
Retrouvez le deuxième volet consacré à la renégociation des ratios financiers dans les contrats de crédit. -
Novo Nordisk relève la tête grâce à sa pilule anti-obésité
Le laboratoire danois poursuit son rebond en Bourse grâce à des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et à des prévisions un peu moins mauvaises que prévu. -
Arkema maintient ses ambitions annuelles malgré la crise au Moyen-Orient
Le chimiste a enregistré une performance globalement supérieure aux attentes au premier trimestre et tente de s'adapter aux perturbations créées par la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran. -
Veolia réitère ses objectifs pour 2026
Le groupe de services collectifs affiche un Ebitda en hausse de 5,4 % à 1,77 milliard au 1er trimestre, une performance conforme aux attentes du consensus des analystes. -
Scor confirme ses objectifs annuels après un trimestre solide
Le réassureur a publié des résultats supérieurs aux attentes pour les trois premiers mois de l'année grâce à une bonne performance de l'assurance dommages. -
Larry Fink juge qu’il n’y a pas de bulle dans l’IA
Larry Fink, le directeur général de BlackRock, estime qu’il n’y a pas de bulle dans l’IA, rapporte le Financial Times. « C’est l’inverse. Nous faisons face à des pénuries d’offre ; la demande croît bien plus rapidement que quiconque ne l’avait anticipé », a-t-il déclaré mardi lors de la conférence annuelle Milken Institute à Beverly Hills. « Nous n’avons pas encore commencé à explorer les opportunités de l’IA à travers le monde. Il y a une immense question géopolitique quant à savoir qui accède à cette technologie », a-t-il poursuivi. Larry Fink prévient que le boom de l’IA va entraîner une économie en forme de K dans chaque secteur. « Il va y avoir un, deux ou trois gagnants... dans chaque industrie ; et de nombreuses entreprises plus petites vont être contraintes de fusionner ou de faire autre chose », a-t-il conclu.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
- Bertrand Prince rejoint Sunny AM
Contenu de nos partenaires
-
Guerre au Moyen-Orient : un cargo de CMA CGM visé par une attaque dans le détroit d'Ormuz
Le porte-conteneurs San Antonio, exploité par CMA CGM, a été visé, mardi 5 mai, par une attaque dans le détroit d’Ormuz. Des membres d’équipage ont été blessés, alors que plusieurs navires à « intérêt français » restent bloqués dans la zone -
Bergen, la plus belle porte des fjords de l’ouest norvégien
Quand on pense à Bergen, on visualise immédiatement ces maisons en bois, colorées, alignées telles des sentinelles à l’entrée du port. Toutefois, la ville ne se réduit pas à cette sublime carte postale. Elle déploie tout autour de la baie de Vågen, des quartiers au charme fou, à l’image de villages perchés. Bergen serpente et grimpe jusqu’aux monts Fløyen et Ulriken. Une fois là-haut, un paysage fantastique de fjords, de montagnes, de plateaux et de glaciers émerge dans la lumière du soleil. -
Droits de douane : face aux menaces de Trump, Macron appelle l’UE à activer son « bazooka commercial »
Emmanuel Macron a appelé l’Union européenne à recourir à son instrument anticoercition si Donald Trump relevait les droits de douane sur les voitures européennes. Bruxelles, de son côté, assure être prête « à tous les scénarios »