Hedge funds et fonds LBO vus d’un bon œil par les groupes cotés
Une étude du cabinet DLA Piper montre en revanche qu’une entreprise sur cinq n’est pas réellement satisfaite de sa place de cotation
Publié le
Olivier Decarre
Décriés, les hedge funds et les fonds de LBO ? Les entreprises cotées ne semblent pas avoir un jugement aussi catégorique à en croire une étude menée par le cabinet d’avocats DLA Piper sur huit places financières. Pour 69 % d’entre elles, «le secteur du private equity joue un rôle positif en termes d’accès aux capitaux», relève l’étude. Leur influence est également vue comme bénéfique (dans 58 % des cas) concernant la valorisation des marchés. Sans compter que leur influence croissante permet de mieux impliquer et mobiliser les investisseurs.
Si cette perception positive peut étonner, d’autant qu’elle est également valable pour les hedge funds, un autre point de l’étude ne manque pas non plus d’interpeller : les groupes cotés se montrent assez critiques sur leur place de cotation. «Les banques d’investissement ont le sentiment que leurs clients sont de plus en plus nombreux à vouloir quitter leur marché principal de cotation pour migrer vers d’autres places financières», avance Anne Maréchal, responsable du département marchés de capitaux au sein du cabinet. Concrètement, une entreprise interrogée sur douze a déjà envisagé cette démarche durant les trois dernières années. Il faut dire qu’une sur cinq ne se dit pas vraiment satisfaite du marché sur lequel elle est cotée.
Dans le détail, elles ne sont que 31 % à juger satisfaisante la liquidité de leurs titres et ne sont guère plus (32 %) à estimer suffisante la couverture des analystes. Plus inquiétant, une sur quatre seulement (26 %) juge satisfaisante «la facilité d’émettre de nouveaux titres». Enfin, le régime réglementaire applicable n’est réellement exempt de critiques que dans 13 % des cas.
Les entreprises considèrent en particulier que les exigences de leur place en matière de gouvernance ne répondent pas nécessairement aux besoins fondamentaux. Ainsi, elles sont moins de 20 % à voir dans le régime de gouvernance en vigueur un véritable levier de transparence. Pire encore, elles sont moins de une sur douze à penser qu’il est en mesure d’améliorer les processus de contrôle interne.
Autant de critiques qui ne devraient pas être sans conséquences. Pour Anne Maréchal, la tendance à vouloir migrer vers d’autres places est «appelée à se poursuivre» avec deux facteurs de soutien, «la globalisation croissante des entreprises et le déploiement par les places financières de stratégies marketing plus offensives».
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