HBOS paie le retournement brutal de l'économie britannique
Les dépréciations ont quasiment doublé en deux mois et atteignent huit milliards de sterling. La fusion avec Lloyds n’est pas remise en cause
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Antoine Landrot
Mauvaise nouvelle pour les actionnaires de HBOS. La banque britannique, sur le point d’être rachetée par sa compatriote Lloyds TSB avec le soutien du gouvernement britannique, a annoncé vendredi avoir quasiment doublé ses charges pour dépréciations et moins-values depuis le début du quatrième trimestre. Elles ont bondi de 3,2 milliards de livres sterling (3,6 milliards d’euros) au cours des seuls mois d’octobre et novembre. Cette spectaculaire dégradation s’ajoute aux charges déjà passées depuis le début de l’année, portant le total à 8 milliards de livres. Ce chiffre devrait encore augmenter en 2009.
Signe particulièrement inquiétant pour l’économie britannique, la moitié des provisions provient de créances douteuses aux entreprises. Le montant total des provisions pour ces actifs est passé de 1,7 à 3,3 milliards de sterling. Une vraie surprise pour le marché et les analystes. Les pertes sur le portefeuille d’investissement ont été multipliées par huit, à 800 millions d’euros.
L’annonce de HBOS a ainsi entraîné dans sa chute le titre de Lloyds TSB (-17%), comme celui d’autres valeurs bancaires britanniques, Barclays (-8%) et Royal Bank of Scotland (-15%). Etant donné le cours du titre des deux protagonistes de cette fusion bancaire, les termes de l’offre apparaissent aujourd’hui en porte-à-faux. HBOS va notamment proposer aux actionnaires existants 8,5 milliards de livres d’actions nouvelles garanties par l’Etat, au prix de 113,6 pence par action. Son acquéreur entend, lui, émettre pour 4,5 milliards de livres d’actions à 173,3 pence l’unité. Les deux titres cotaient respectivement 67,5 et 129,9 pence vendredi soir à la clôture. Cela dit, il y a peu de chance pour que le projet d’acquisition ne soit pas mené à son terme. Au cours de l’assemblée générale vendredi, les actionnaires de HBOS ont voté en faveur de l’offre. Ceux de Lloyds TSB l’ont déjà approuvée le 19 novembre dernier.
Le plan de recapitalisation annoncé par le Premier ministre Gordon Brown en faveur des banques britanniques représente un total de 50 milliards de livres. Son administration prépare par ailleurs un deuxième plan, destiné à encouragé cette fois les prêts aux PME et aux particuliers. Car l’inquiétude du gouvernement est réelle quant à la frilosité des établissements dans ce domaine, en dépit des aides déjà obtenues.
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