H2O arrive à maturité mais doit encore séduire le marché français
H2O souffle sa troisième bougie avec un troisième milliard d’actifs. La boutique londonienne, filiale à 50% de Natixis Global Asset Management (NGAM), a décroché cet été un mandat d’un milliard d’euros auprès d’un institutionnel asiatique, axé sur sa stratégie obligataire à valeur relative. Depuis le début de l’année, H2O a collecté 1,48 milliard d’euros nets.
Si ses 23 collaborateurs sont majoritairement français, et ses fonds ouverts de droit français, les clients étrangers concentrent 80% des encours de la société. «On ne s’attendait pas à avoir autant de succès sur les autres continents. Notre objectif pour les trois prochaines années est de reconquérir notre clientèle historique, c’est-à-dire la France», a déclaré hier Bruno Crastes, directeur général de H2O, lors d’une conférence de presse à Paris.
Cet ex-gérant star de Crédit Agricole Asset Management (CAAM) vise surtout les CGPI et banques privées pour faire décoller ses encours en France, aujourd’hui à 600 millions d’euros environ. La boutique mise sur ses performances, notamment celle de son fonds phare H2O MultiBonds qui totalisait fin août un rendement net de 34,5% sur trois ans, pour 167 millions d’euros d’encours. H2O MultiEquities (29 millions d’actifs) affiche +37,6% depuis sa création, en mai 2011. Le fonds «Patrimoine», un vocable à connotation sécuritaire chère aux CGPI, sera quant à lui rebaptisé H2O MultiStratégies, après une performance de -29,9% en 2011.
N’ayant pas d’équipe commerciale, H2O dépend de celles de NGAM, déjà au service d’une kyrielle de boutiques, notamment américaines, et présent sur le marché tricolore via Natixis AM, le paquebot français. Très lié aux réseaux de BPCE, celui-ci vend peu les expertises du groupe et peine à collecter pour les siennes, en raison du poids de ses actifs monétaires. Pour inverser la tendance, NAM va perdre certains vendeurs, transférés chez NGAM, et essayer de créer un esprit «boutique» en interne .
C’est ce credo entrepreneurial que défend Bruno Crastes. Il avait quitté CAAM avec Vincent Chailley, directeur des investissements de H2O, lors de la création d’Amundi en 2010. Précurseur des produits VaR (value at risk), il avait subi de plein fouet la crise des subprimes. Il reste fidèle à la gestion de performance absolue, mais avec une attention accrue sur la liquidité. H2O mise aussi sur la petite taille de son équipe et de ses actifs pour être «plus réactif» aux mouvements de marché.
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