Groupama se lance à son tour dans la titrisation de risque d’assurance
Première émission d’obligations catastrophes (cat bonds) pour Groupama. Swiss Re, qui a structuré l’opération et en a été l’unique teneur de livres, a annoncé hier le placement de 200 millions d’euros de titres pour le compte de l’assureur français via un véhicule baptisé Green Valley. D’échéance 2011, cette émission couvre les tempêtes en France, un risque auquel la compagnie est d’autant plus sensible qu’elle avait été particulièrement touchée par le passage de Lothar et Martin dans l’Hexagone en 1999.
Après d’autres assureurs, Groupama fait donc des marchés de capitaux une solution supplémentaire de transfert du risque. « Cette opération répond à une volonté de diversification de nos sources d’approvisionnement, et s’ajoute à nos programmes de réassurance traditionnels, explique Christophe Graber, directeur des cessions de réassurance externe chez Groupama. C’est une nécessité, car nos besoins de protection directe augmentent, tandis que l’on assiste depuis quelques années à une saturation des capacités des réassureurs, liée aussi à la consolidation du secteur ». La recherche d’un partenaire remonte au premier trimestre 2007, date à laquelle l’assureur a lancé un appel d’offres.
Pour l’heure, cette émission de 200 millions d’euros est à rapporter à des achats de protection annuels contre le risque de tempête d’environ 2 milliards d’euros pour l’ensemble du groupe. Mais elle s’inscrit dans le cadre d’un programme qui pourrait atteindre 800 millions d’euros au total dans les trois ans à venir.
Notées BB+ et sursouscrites, ces obligations catastrophes ont été placées à 360 points de base (pb) au-dessus de l’Euribor. Même si le compartiment des cat bonds a été épargné par la crise financière, cela reste plus cher qu’un contrat de réassurance classique, d’autant que les renouvellements 2008 ont été placés sous le signe de la modération tarifaire, faute de gros sinistres. Mais le traité signé avec Swiss Re pour structurer l’opération s’étend sur trois ans, alors qu’un programme classique est soumis à révision annuelle. « Nous évitons ainsi la volatilité qui peut être extrême sur les tarifs et la capacité de réassurance», souligne Christophe Graber.
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