Gartmore tente de remédier à la fuite de ses talents
Crise de confiance chez Gartmore. Le départ surprise de Roger Guy, gérant du fonds étendard «European Large Cap» qui représente 26 millions de livres de commissions de gestion annuelles, a semé le trouble parmi les investisseurs. L’action s’est effondrée hier à Londres de 15%, à 107 pence. Roger Guy, qui détient plus de 5% des titres de la société (aux côtés d’actionnaires de référence tels que Hellman & Friedman et Henderson Global Investors), assurera une mission de conseil jusqu’en mai prochain mais ne sera plus en charge de la gestion au quotidien.
Son retrait pour convenance personnelle, après dix-sept années de services, s’ajoute à la défection de Dominic Rossi, directeur des investissements, qui rejoint les rangs du rival Fidelity. Darrell O’Dea, gérant senior, prend également le large. Ces départs en cascade témoignent du climat délétère qui règne chez Gartmore, secoué par le départ de Guillaume Rambourg cet été, mis en cause pour des abus de marché. Roger Guy n’avait pas manqué de critiquer la manière dont Gartmore s’était saisi du cas de Guillaume Rambourg.
Pour stopper l’hémorragie, et alors que les sorties nettes de capitaux ont atteint 700 millions de livres au troisième trimestre (pour 20,7 milliards de livres d’actifs sous gestion au 30 septembre), Gartmore a décidé de contre-attaquer sur plusieurs plans. «Le conseil d’administration a mandaté Goldman Sachs pour évaluer les options stratégiques disponibles. Elles pourraient inclure la possibilité d’une cession ou d’une fusion», a expliqué son directeur général, Jeffrey Meyer, dans un communiqué. Les résultats préliminaires de cette étude ne sont pas attendus avant mars 2011.
Dans le même temps, la société entend mener à bien un programme de réduction de coûts qui devrait dégager 10 millions de livres d’économies par an, dont 8 millions l’an prochain et 2 millions à compter de 2012 grâce au déménagement du siège social. Enfin, de nouvelles actions, représentant jusqu’à 15% du capital existant, seront émises au bénéfice de gérants de portefeuilles «clés». Un effort qui ne masque pas la réalité du parcours boursier de Gartmore : depuis son introduction en Bourse il y a près d’un an, l’action a fondu de plus de moitié.
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