Fragilisé par ses divergences, le G20 peine à prendre des initiatives
Le jour de l’ouverture du G20 de Séoul, Alan Greenspan, est venu jeter un peu d’huile sur un dossier déjà brûlant, celui des changes. L’ancien président de la Réserve fédérale a estimé dans une tribune publiée par le Financial Times que la Chine et les Etats-Unis poursuivaient tous les deux une politique d’affaiblissement de leur monnaie. «Jamais nous ne chercherons à affaiblir notre monnaie dans le but de gagner un avantage compétitif ou de faire croître notre économie», a rétorqué le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, sur CNBC.
Au plus haut niveau, Pékin et Washington ont tenté de jouer l’apaisement. Lors d’une rencontre avec son homologue américain jeudi, le président chinois, Hu Jintao a réaffirmé son engagement à réformer «inéluctablement» le yuan tout en soulignant le chemin déjà accompli. Mais après toute une nuit de discussions, le président chinois rejetait déjà de l’huile sur le feu en appelant les émetteurs de grandes monnaies de réserve à mener des politiques responsables, une critique à peine voilée de la politique monétaire américaine.
L’approche de la question des changes par le truchement des déséquilibres des comptes courants, à laquelle le G20 Finance a eu recours le mois dernier, ne devrait pas faire l’objet d’initiatives supplémentaires. Les chefs d’Etats devraient se contenter d’approuver le principe de «directives indicatives» en vue de la réduction de ces déséquilibres. L’idée soumise par Timothy Geithner d’une limitation des excédents ou déficits courants à 4% du PIB a été écartée. Les écarts de compétitivité entre les pays ne peuvent pas être comblés par des «limites imposées politiquement», a justifié la chancelière allemande Angela Merkel.
A l’issue d’une nuit d'âpres négociations, le projet de texte, que Reuters s’est procuré, appellerait un groupe de travail du G20 à proposer dès 2011, en faisant appel à l’expertise technique du Fonds monétaire international et d’autres organismes, une série d’instruments, «y compris des indicateurs», à même d’identifier les déséquilibres qui font peser des menaces sur la stabilité de l'économie mondiale. Il s’agit là d’une maigre consolation, une régulation des taux de change semblant à ce stade bien difficile, alors que la proposition du président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, de revenir à un système d'étalon or, ne semble même pas avoir été évoquée.
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