Fitch et Moody’s repensent leur système de notation des produits structurés
Suite aux critiques, les agences proposent des méthodes plus strictes qui pourraient aboutir à noter BB un produit auparavant considéré AAA
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Alexandre Boksenbaum
Avec la crise des subprimes, les agences de notation ont été très critiquées. Elles ont en effet largement participé à l’envolée du marché des produits structurés en les notant généreusement alors même que certains d’entre eux étaient douteux. Pour redorer leur blason, Moody’s et Fitch ont donc décidé de repenser leur système d’évaluation.
La société créée par John Moody a réfléchi à différentes options pour distinguer les produits structurés des dettes d’entreprise ou d’Etat, afin de « restaurer la confiance du marché ». La première solution consisterait à créer une échelle de notation numérique, en plus de la norme actuelle, spécifique aux produits structurés, sur une échelle de 1 à 21. La seconde option verrait le maintien du système actuel mais en précisant lorsqu’il s’agit de produits structurés, par exemple AAA.sf. Une autre possibilité porte sur l’ajout d’un indicateur de volatilité à la note habituelle, comme AAA.v1. Moody’s propose aussi d’associer un commentaire à sa notation conventionnelle. Enfin, l’agence américaine propose de laisser le système actuel en l’état en précisant la nature des produits concernés dans le rapport.
De son côté, Fitch a décidé de se concentrer sur les « facteurs clés du risque crédit qui ont pu être minimisés ». A la différence de sa consœur, l’agence réfléchit sur sa méthode de calcul pour les CDO (collateralized debt obligations), les obligations adossées à des parts de titrisation. L’idée est ici de mieux prendre en compte les aspects qualitatifs en plus des données quantitatives, en intégrant une mesure de la performance sur le long terme, un réexamen des taux de défaut et des taux de recouvrement pour être plus cohérent avec les études empiriques, ou encore une meilleure prise en compte de la diversification des produits. Si l’option la plus restrictive était retenue, un produit auparavant noté AAA se verrait affecter désormais un BB, soit onze crans de moins.
En dépit de ces efforts, une critique demeure, celle de la prise en compte de la liquidité d’un produit. Il est en effet difficile de considérer comme très bon un produit dont personne ne veut…
Pour accéder à la proposition de Fitch, cliquez sur le lien ci-dessous:
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