Eurotunnel engage le plan de remboursement de ses ORA
L’opération se déroulera en deux temps et portera au total sur un montant de 1,7 milliard d’euros. La première phase est lancée dès aujourd’hui
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Olivier Decarre
C’est hier soir après la clôture que Groupe Eurotunnel (GET) a annoncé le lancement du remboursement anticipé de ses ORA II (obligations remboursables en actions). Le montant concerné par cette tranche de titres émis au printemps dernier dans le cadre du plan de sauvetage s’élève à 1,7 milliard d’euros. L’opération devrait permettre au gestionnaire du tunnel sous la Manche d’économiser 68 millions d’euros de frais financiers en année pleine.
Compte tenu de l’état des marchés, GET a décidé de procéder en deux temps. La première phase comportera une émission de titres subordonnés remboursables en actions (TSRA) pour un montant de 800 millions d’euros. Ouverte à la souscription du 21 au 28 février, l’opération bénéficie d’un engagement de souscription de «deux fonds d’infrastructure affiliés à Goldman Sachs», précise le document diffusé hier. D’une valeur nominale de 1.000 euros, «chaque TSRA donnera droit de recevoir en remboursement 103,8 actions ordinaires», ajoute le groupe. Ce qui donne une valorisation théorique de l’action de 9,63 euros (hors rémunération supplémentaire) contre une clôture à 9,10 euros.
Dans un second temps, «dès que possible en fonction des conditions de marché» mais «postérieurement à l’émission des TSRA», GET lancera une augmentation de capital de 900 millions d’euros par attribution gratuite de BSA (bons de souscription d’action) aux actionnaires.
Avec le mécanisme mis en place, le groupe se félicite dès maintenant d’avoir pu enclencher «un cercle vertueux» dans l’optique de son redressement. Les effets en sont déjà perceptibles dans les comptes à fin octobre. Le résultat opérationnel s’est établi à 227 millions d’euros. Un an plus tôt, le chiffre était de 213 millions pour Eurotunnel, hors charge minimale d’utilisation - MUC - (la clause qui garantissait un niveau de revenu minimal jusqu’en novembre 2006, et qui avait rapporté 85 millions). La charge financière a été réduite de 404 à 234 millions d’euros et le net passe de -239 millions à +3,33 milliards d’euros. Un chiffre qui intègre, il est vrai, le profit résultant de la restructuration. Mais même en l’excluant, GET reste dans le vert avec 5 millions de bénéfice. Sur l’année, le groupe prévoit d’être proche de l’équilibre hors MUC et vise 275 millions d’opérationnel avant de monter à 338 millions en 2010.
Pour accéder aux détails de l’opération, cliquer sur le lien suivant :
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