Eurotunnel boucle la première partie du plan de remboursement de ses ORA
La première étape du plan de remboursement des ORA II de Groupe Eurotunnel (GET) est atteinte. GET a annoncé avoir placé pour 800 millions d’euros de titres subordonnés remboursables en actions (TSRA). Une opération, portant sur 800.000 titres de 1.000 euros de nominal, menée par Citigroup Global Markets, Lazard-Natixis et Lehman Brothers International.
Il est vrai que le risque était nul, GET ayant pris soin au préalable d’obtenir auprès de deux fonds de Goldman Sachs un engagement de souscription portant sur la totalité des titres. Ces fonds n’ont pas été les seuls à répondre présent. «Plus de 50 millions d’euros ont été souscrits par des actionnaires présents au capital le 19 février (NDLR, soit avant la présentation du plan)», précise une porte-parole de GET. Difficile néanmoins de savoir quelle part exacte ont pris les deux fonds, GET ne souhaitant pas donner plus de détail sur ce placement qui, bien que couvert, n’a visiblement pas suscité de sursouscription massive.
Cotés à partir du 6 mars à Luxembourg, ces TSRA seront remboursables en actions nouvelles «à l’option de leur titulaire» entre le 6 septembre 2009 et le 6 septembre 2010, sur la base de 103,8 actions par TSRA (soit une valeur théorique de 9,63 euros par action). Ils donneront également droit à une rémunération payée en une seule fois le 6 septembre 2009. Celle-ci sera versée sous forme de titres (3 actions par TSRA), soit en espèces (au taux annuel de 2%). La répartition sera fonction des choix de GET et de sa trésorerie disponible.
Grâce à cet apport d’argent frais, l’exploitant du tunnel sous la Manche va pouvoir rembourser en espèce (début avril) une part des obligations remboursables en actions (ORA II) émises en juin 2007 dans le cadre du plan de sauvetage. Il sera en cela aidé par l’évolution des taux de change, 45% des ORA II ayant été émises en livres. Du coup, la part remboursée équivaudra à une valeur en principal de 841 millions d’euros, «chiffre sensiblement supérieur aux attentes», précise le groupe qui dit aussi pouvoir grâce à cette opération être en mesure d’économiser 35 millions d’euros d’intérêts en année pleine.
De surcroît, cette restructuration s’avérera relutive aux dires de GET. Car le nombre maximal d’actions à émettre en remboursement des TSRA (85,44 millions) sera inférieur de 51 millions à celui qui aurait été émis en cas de conversion des ORA II remboursées par anticipation.
Pour autant, GET est loin d’en avoir fini avec sa restructuration. Comme il l’avait annoncé lors de la présentation de son plan (L’Agefi du 21 février), le montant total des ORA II qu’il souhaite rembourser correspond à un principal de 1,616 milliard d’euros.
Une deuxième phase va donc être enclenchée. Elle consistera en une augmentation de capital par attribution gratuite de BSA, qui ne dépassera pas les 900 millions d’euros. Le 21 février, le groupe disait vouloir la lancer «dès que possible en fonction des conditions de marché». A priori, le groupe devrait attendre la publication début avril de ses comptes au 31 décembre. D’ailleurs, rien ne presse. «Le rachat des ORA II ne peut se faire que dans la première semaine de chaque trimestre et doit être notifié à leurs détenteurs un mois avant», indique la porte-parole. Disposer des fonds pour la première semaine de juillet sera donc suffisant pour GET.
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