Et si la fin des mesures non conventionnelles de la BCE s’accompagnait d’une baisse des taux ?
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Sylvain Broyer - Natixis
La BCE est visiblement de plus en plus mal à l’aise avec le degré d’accommodation de ses mesures non conventionnelles d’assouplissement du crédit. Les interventions verbales préparant le marché à leur extinction se multiplient. Le risque est donc plus grand aujourd’hui d’une «sortie» prématurée plutôt que tardive. Avec des conséquences pourtant bien plus dommageables pour l’économie réelle.
Le choc inflationniste qui résulterait d’une sortie tardive, qu’il vienne du gonflement d’une bulle sur le prix des matières premières et/ou d’une hausse du crédit bancaire, ne serait que temporaire. Le ralentissement concomitant de la croissance, la dégradation des termes de l’échange et la hausse des taux banques centrales pourraient bien vite l’enrayer. Entretemps, en revanche, la hausse des prix d’actifs aura soutenu l’investissement, et donc l’emploi: Greenspan vous salue bien !
Les conséquences d’une sortie prématurée sont une remontée générale des taux d’intérêt qui interviendrait dans un contexte de très forte sous-utilisation des capacités travail et capital. Sans crier à la japonisation de l’économie européenne, une sortie prématurée des mesures d’assouplissement du crédit serait un pas de plus vers la déflation, contre laquelle une banque centrale n’a pas d’armes. Une bonne idée serait donc de combiner la sortie des politiques non conventionnelles, rapide si la BCE s’y sent mal à l’aise, avec une baisse conventionnelle des taux directeurs. Leur baisse présenterait le double avantage de limiter la remontée des taux d’intérêt monétaires et obligataires et de redonner de la lisibilité à la politique monétaire, notamment son degré d’accommodation par rapport aux fondamentaux.
La BCE est la seule banque centrale du G7 à avoir suffisamment de marge pour baisser les taux à nouveau et notre indicateur montre que les données de l’économie réelle le justifieraient sur les dix-huit prochains mois.
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