Eraam entend saisir les opportunités engendrées par Bâle 3

La société de multigestion alternative se positionne en lançant un véhicule dédié. Le fonds vise entre 100 et 150 millions d’euros d’ici septembre
Virginie Deneuville

Les acteurs financiers s’adaptent à la nouvelle donne imposée par Bâle 3 et cherchent à en tirer parti. Après l’association d’Axa et de la Société Générale dans la dette privée aux entreprises, Eraam lance une nouvelle initiative.

La société de multigestion alternative, qui dispose de 450 millions de dollars d’encours (360 millions d’euros) crée Eraam European Debt Opportunities, fonds destiné à saisir des opportunités d’investissement générées par la réduction de la taille du bilan des banques et les contraintes de solvabilité en Europe.

«Les banques réalisent environ 80% du financement des entreprises en Europe continentale, contre 50% aux Etats-Unis. Face aux contraintes d’allégement du bilan des banques européennes, cette part de 80% est appelée à se réduire, créant un environnement favorable pour les prêteurs privés», explique Cyril Julliard, président d’Eraam.

Le véhicule, un fonds luxembourgeois dont le bouclage devrait intervenir en septembre, vise une taille comprise entre 100 et 150 millions d’euros et un rendement supérieur à 10% net, en intégrant le paiement d’un coupon à compter de la deuxième année. La durée du fonds s’établit à six ans, des options permettant de l’allonger jusqu’à dix ans.

«Nous pourrons investir dans des fonds ou participer à la création de véhicules, dont le risque sera mutualisé ensuite avec d’autres investisseurs», indique Cyril Julliard. Eraam a déjà identifié deux opportunités d’achat.

«La première opportunité est un fonds ayant vocation à investir dans des transactions dites de capital réglementaire. Cela revient à réaliser un credit default swap (CDS) sur une partie du portefeuille de prêts des banques. Le fonds sélectionnera principalement des prêts de catégorie investment grade, sécurisés par des actifs tangibles», indique Cyril Julliard. «Les banques peuvent ainsi continuer à prêter aux entreprises tout en réduisant la taille de leurs encours pondérés du risque», explique le dirigeant. L’objectif de taux de rendement interne (TRI) s’élève à 11% sur six ans.

La deuxième opportunité porte sur l’acquisition d’actifs décotés, avec un fonds axé sur le rachat de créances détenues par des entreprises sur des entités parapubliques. Ce véhicule sera cogéré par Eraam et une équipe spécialisée dans le conseil aux entreprises. L’objectif de TRI s’établit à plus de 10% avec une duration moyenne de six ans.

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