Epaulé par Dexia, FSA pense pouvoir mettre à profit sa stabilité financière

Le rehausseur de crédit a vu sa production d’affaires nouvelles grimper de 40 % en 2007, mais enregistre une perte de 66 millions de dollars sur l’année
Annelot Huijgen

Dexia avait déjà donné un avant-goût des résultats de son rehausseur de crédit américain Financial Security Assurance (FSA) mardi dernier en décidant d’allouer 500 millions de dollars (340 millions d’euros) pour « tirer profit d’opportunités croissantes ». Ainsi, FSA indique qu’il a vu bondir sa part de marché sur le rehaussement des obligations municipales aux Etats-Unis « traditionnellement de l’ordre de 25 % » à plus de 50 % en décembre 2007 et jusqu’à 70 % en janvier 2008. En reprenant à son compte les calculs de Warren Buffett (qui aimerait investir 5 milliards de dollars pour assurer 800 milliards de dollars d’obligations municipales, lire page 1), Jacques Guerber, vice-président du comité de direction de Dexia, estimait hier soir que « FSA, en mettant dix fois moins, pourra assurer pour 80 milliards de dollars d’obligations municipales ».

Si l’avenir lui paraît resplendissant, 2007 a déjà été une « année record » pour FSA, avec une hausse de 40 % de la production d’affaires nouvelles, à 1.271 millions de dollars et un niveau de solvabilité (claims-paying resources) de +11.3 %. Au quatrième trimestre, le résultat opérationnel s’est inscrit à 94,3 millions de dollars (+9,5 %) et à 378,0 millions sur l’année 2007 (+4,1 %). En revanche, le résultat comptable (aux normes américaines) est, comme au troisième trimestre, affecté par les ajustements à la valeur de marché (mark-to-market) « uniquement dus à la crise de liquidité sur le marché » : il s’élève respectivement à -91,9 millions de dollars pour le trimestre (186,2 millions de dépréciations) et à -65,7 millions pour l’année entière (443,6 millions de dépréciations). « Ces ajustements devraient être annulés par des ajustements en sens opposé dans les trois prochaines années », rappelle Jacques Guerber. Il ajoute que la charge effective du risque (dotations aux provisions et pertes constatées, rapportées à l’encours) s’est inscrite à 1,2 point de base au dernier trimestre, et à 0,8 point de base pour l’année entière, soit à « un niveau très voisin de la moyenne historique de 0,9 ».

« L’intérêt manifesté par Warren Buffett, qui ne s’est pas du tout adressé à nous, montre que le secteur des monolines reste rentable », juge Jacques Guerber. De plus, les 85 opérations réalisées en novembre et décembre par FSA, dont la note AAA a été confirmée, se sont faites à des « taux de prime supérieurs », se réjouit le vice-président.

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