Eon poursuit son recentrage sur la production au détriment des réseaux
Malgré la colère de Berlin, le numéro un allemand de l’énergie maintient la vente de son réseau électrique et annonce un programme d’investissements.
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Lothar Gries, à Francfort
Le géant allemand de l’énergie Eon a justifié hier sa décision, annoncée la semaine dernière, de se séparer de son réseau électrique, la qualifiant de « meilleure solution » pour l’entreprise et ses actionnaires. Selon son patron Wulf Bernotat, les gains tirés du transport d’électricité représentent moins de 100 millions d’euros par an alors que le groupe a réalisé l’an dernier un bénéfice net de 5,1 milliards. Face à la colère de Berlin, qui lui reproche de lui avoir délibérément tourné le dos dans cette bataille qui l’oppose à Bruxelles, Eon est cependant resté très prudent sur les modalités exactes de la cession. Aucun nom d’acheteur n’a été mentionné pour cette opération qui devrait lui rapporter plusieurs milliards d’euros. Parlant d’une « transaction douteuse », le ministre allemand de l’Economie a expliqué hier que l’Etat pourrait être candidat à la reprise du réseau.
Mis à part cette querelle, le groupe de Düsseldorf a par ailleurs annoncé qu’il examine actuellement la cession de sa participation dans différents fournisseurs allemands d’électricité et de gaz dont la valeur est estimée à quelque 3 milliards d’euros. Parmi les acheteurs potentiels, la presse d’outre-Rhin évoque notamment EDF, qui a déjà pris le contrôle du fournisseur d’électricité de la ville de Leipzig, dans l’est du pays. Eon veut se servir du pactole tiré de ces ventes pour conforter sa présence en Europe où il projette la construction de 17 nouvelles centrales électriques, dont cinq en Allemagne et deux en Russie.
Parallèlement, le groupe s’est fixé pour objectif de devenir d’ici à 2010 le premier producteur mondial d’énergie renouvelable. Les investissements dans ce domaine seront doublés à 6 milliards d’euros. Rien que dans l’énergie éolienne, Eon projette d’atteindre dans deux ans une capacité de production de quatre gigawatts. Le coût total des investissements projetés jusqu’en 2010 s’élève à 50 milliards d’euros.
Eon espère aussi boucler avant la fin de l’année la reprise des filiales de l’espagnol Endesa et de l’italien Acciona pour quelque 10 milliards d’euros. Pour l’année en cours, le groupe s’attend à une progression de son résultat brut (Ebit) de 5 % à 10 %, pouvant atteindre 10 milliards d’euros contre 9,2 milliards en 2007. A la Bourse de Francfort, les annonces d’Eon ont été saluées par une hausse du cours, les analystes parlant d’une stratégie convaincante.
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