En s’adressant aux ménages, Rome accentue la diversification de ses sources de financement
Avec un patrimoine net supérieur à ceux des Français et des Allemands, les ménages italiens représentent des investisseurs potentiels de choix. Comme le rappelait récemment dans dans L’Agefi Hebdo (n°312) Philippe Weber, responsable des études et de la stratégie de CPR AM, «les particuliers italiens disposent d’importantes liquidités sous la forme de comptes courants et de dépôts à terme : 650 milliards d’euros dans les banques et 310 milliards auprès de la Poste». Cela n’a pas échappé au Trésor italien qui a décidé de s’adresser directement à eux.
«Nous avons pensé que c'était le bon moment pour un produit destiné aux familles italiennes, qui ont toujours investi dans les obligations», a expliqué Maria Cannata, responsable de la dette publique au sein du Trésor, sans toutefois chiffrer le montant attendu. Ce dernier va ainsi proposer du 19 au 22 mars des obligations indexées sur un indice spécifique d’inflation pour les ménages d’ouvriers et d’employés (FOI - «famiglie di operai e impiegati»).
Les investisseurs pourront souscrire à ces titres via les agences bancaires ou par le biais d’internet. Ceux qui les conserveront jusqu'à échéance, en 2016, recevront un bonus de 0,4%. Tout est fait pour rassurer les porteurs : le capital sera garanti même en cas de déflation et il n’y aura pas de frais lors de l’achat des titres, a précisé Maria Cannata. Le coupon assorti à ces nouvelles obligations sera quant à lui dévoilé le 16 mars. «Des progrès sont réalisés sur le marché obligataire italien», a souligné Vittorio Grilli, secrétaire d’Etat à l’Economie. «L’Italie ne doit toutefois pas baisser la garde», a-t-il ajouté.
Les réformes annoncées par le Premier ministre Mario Monti et les opérations de refinancement à trois ans (LTRO) ont contribué à apaiser les tensions. Maria Cannata a qualifié d'«exceptionnel» le retour des investisseurs étrangers sur le marché de la dette italienne. A 1.900 milliards d’euros, l’Italie est le deuxième pays de la zone euro le plus endetté. La moitié environ de ce montant se concentre entre les mains des investisseurs domestiques. Alors que Rome n’a plus émis de dette supérieure à 10 ans depuis octobre, Maria Cannata a estimé que c'était «juste une question de temps».
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