En forte hausse, la volatilité du Bund voit sa pente s’inverser
La hausse récente de la volatilité implicite (VI) 90 jours a plus à voir avec la peur et l’aversion pour risque qu’à une hausse de la volatilité réalisée (VR). Comme en janvier-février, le rebond de la VI est dû aux tensions sur les risques de crédits souverains qui ont poussé les investisseurs vers la sécurité : les Bunds allemands. Malgré les dénégations fermes des officiels, les investisseurs anticipent quand même la possibilité d’une restructuration de la dette grecque. Ce risque extrême est bien appréhendé au travers de la pente de la VI du Bund. En effet tandis que celle des puts a fortement diminué ces deux derniers mois, phénomène peu courant celle des calls est positive et encore plus accentuée. Le ratio put/call pondéré par le gamma s’est inversé de 2 à 0,5 en un mois.
A 5 pb par jour, la VI se négocie plus de 1,5 bp au-dessus de son niveau de début mars. L’envie est grande d’en vendre. En cas de reprise, les banques centrales pécheront certainement par excès de prudence, commençant par retirer en douceur des liquidités sans relever les taux. Même en cas de hausse globale des rendements obligataires, la volatilité est susceptible de rebaisser. De plus le ratio VI 90 jours sur VR 60 jours, proche de son plus haut historique, renforce l’idée de vendre la VI.
Le risque directionnel d’une telle position serait, soit une nouvelle envolée du Bund consécutive à une défaillance du duo UE/FMI dans l’activation du programme d’aide, mais la marge est faible, soit le début d’une peu probable vente massive du marché obligataire, similaire à 1994. Attention néanmoins, si la VR demeure basse malgré quelques soubresauts, il sera difficile de répondre aux appels de marge si les marchés s’inquiètent encore plus. Le mieux est donc d’attendre une résolution effective de la crise grecque, qui ne saurait se prolonger à notre avis au-delà de mi-mai.
Plus d'articles du même thème
-
«Le positionnement neutre nous permet de naviguer dans l’incertitude actuelle tout en restant exposés à la volatilité»
Findlay Franklin, gérant crédit multi-actifs chez RBC BlueBay -
« Le rebond récent paraît fragile »
Pierre-Alexis Dumont, Directeur des Investissements de Sycomore AM -
Le blocage d’Ormuz est chaque jour plus problématique
Plus le blocus du détroit d’Ormuz sera long, plus il sera difficile de normaliser la situation sur les marchés de l’énergie. Les mesures de compensation du déficit d’offre du Moyen-Orient vont s’épuiser. Avec un risque de pénurie et la nécessité que le détroit ouvre rapidement. -
Céline Dion pourrait apporter un léger coup de pouce à la croissance française
La star québécoise donnera 16 concerts devant 480.000 spectateurs à La Défense Arena cet automne. L’exclusivité mondiale de ces shows pourrait attirer de nombreux visiteurs étrangers à Paris et ajouter jusqu'à un milliard d'euros d'activités à l'économie française. -
La justice américaine abandonne les poursuites contre Jerome Powell
Cette décision devrait ouvrir la voie à la nomination de Kevin Warsh en tant que prochain président de la banque centrale américaine. -
Argan verdit son financement
La foncière cotée a émis une obligation de 500 millions d’euros assortie d’un coupon proche de 3,8 % et conforme à son tout nouveau cadre de financement vert.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
- Amundi attribue une rémunération de 2,67 millions d’euros à Valérie Baudson pour 2025
- Axiom AI doit parer aux aléas de toute fusion
Contenu de nos partenaires
-
« Une ère de pénurie énergétique »: le patron de TotalEnergies met en garde contre une persistance du blocage d'Ormuz
« La pénurie n'est pas encore présente dans le bassin atlantique [...] mais on ne peut pas se permettre de laisser 20 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz inaccessibles sans conséquences majeures », a précisé Patrick Pouyanné, qui appelle à de nouveaux investissements dans des oléoducs -
Milan : Le Salone del Mobile, nouvelle scène stratégique du luxe
Pendant plus de soixante ans, Milan appartenait aux éditeurs italiens. Une scène maîtrisée, codifiée, où B&B Italia, Cassina ou Poltrona Frau dictaient le tempo du design mondial. Cette époque n’a pas disparu — elle s’est diluée. Car désormais, ce sont les maisons de luxe qui occupent le terrain, transformant la Milan Design Week en une extension de leur territoire symbolique. -
G7 environnement Paris : pourquoi le climat a été écarté pour obtenir un accord avec les Etats-Unis
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, experte de la diplomatie climatique, salue des « résultats exceptionnels » après avoir essuyé des critiques sur sa méthode pragmatique