Le projet figure dans une liste de priorités du groupe pour 2008. Pendant ce temps, Bruxelles hausse le ton contre l’idée d’une «golden share»
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Parmi les priorités d’EADS en 2008, la croissance externe figure en bonne place. Dans un memo adressé à ses salariés et cité dimanche par Reuters, Louis Gallois, le président du groupe, évoque «deux projets d’acquisition dans les domaines de la défense, de la sécurité et des services (...) dont l’un au moins est aux Etats-Unis». En janvier, un dirigeant d’EADS avait expliqué que le groupe recherchait une acquisition potentielle de taille moyenne dans les services aéronautiques, pour un montant d’environ un milliard de dollars (650 millions d’euros). Mais la note interne précise pour la première fois le nombre et le calendrier des acquisitions envisagées.
EADS s’est fixé pour ambition de porter la part de la défense dans l’ensemble de ses activités à 50% contre 20% aujourd’hui. La direction souhaite aussi atténuer les effets de l'évolution de la parité euro-dollar sur les finances du groupe. La faiblesse du billet vert faciliterait à cet égard une acquisition aux Etats-Unis, pays où EADS vient d’obtenir un succès commercial aussi important que contesté en remportant avec Northrop Grumman un contrat de 35 milliards de dollars pour la fourniture d’avions ravitailleurs au Pentagone .
Le memo fixe au total dix priorités: les objectifs financiers et le renforcement de la fiabilité industrielle du groupe en sont les principales pour 2008. Y figure aussi la volonté de conclure la cession totale ou partielle des six usines dont Airbus souhaite se séparer, la nécessité d’assurer la livraison du très gros porteur A380 conformément au calendrier de production révisé, et la stabilisation du programme d’avion de transport militaire A400M - dont le premier vol a déjà été repoussé de six mois.
Ces questions devraient encore être évoquées demain, date à laquelle le groupe pourrait dévoiler, selon le consensus, une perte au titre de 2007. Une publication qui intervient dans un contexte polémique autour du capital du groupe. Vendredi, le secrétaire d’Etat allemand à l’Economie, Peter Hintze, a déclaré que Berlin, Paris, et les autres actionnaires d’EADS poursuivaient leurs discussions pour créer une «golden share» afin de défendre leurs intérêts dans le groupe aéronautique européen. Ce qui a aussitôt fait bondir Bruxelles. «La Commissioneuropéenne ne pense pas que les golden shares ont leur place dans le marché intérieur», a rappelé un porte-parole de l’exécutif européen.
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