EADS accélère la dollarisation de sa production
Rebond de 9,24 % du titre EADS à 19,04 euros. Il n’en fallait pas moins pour saluer la sélection par l’US Air Force de Northrop Grumman, partenaire d’EADS, en vue de l’acquisition de 179 avions ravitailleurs. Un contrat estimé à 40 milliards de dollars (26,4 milliards d’euros), dont CM-CIC estime l’impact à 1,50 euro par action EADS.
« Ce contrat, symbolique, ouvre en grand le marché américain à EADS, souligne Clémence Bounaix, analyste chez Richelieu Finance. Il confirme la dollarisation d’une partie de la production du groupe, même si l’impact sur les comptes devrait être limité à court terme. » Une réduction de l’exposition directe au dollar, également invoquée par Natixis. Néanmoins, cet accord ne devrait pas abaisser significativement la facture de change du groupe européen, « au moins à court terme, la production n’étant pas significative avant 2014, explique un expert. D’ailleurs, ce contrat ne représente qu’un chiffre d’affaires annuel de 2 milliards, contre 40 milliards pour le groupe EADS, sans compter que la production ne sera qu’à 58 % américaine ».
Alors que les deux partenaires l’ont emporté avec quatre critères de sélection sur cinq, il paraît « peu probable, mais pas impossible » que le contrat ne soit finalement pas signé, estime un expert, jugeant un éventuel recours de Boeing limité. L’avionneur américain pourrait alors se consacrer au futur appel d’offres de ravitailleurs pour 100 milliards de dollars. En attendant, « ce contrat ouvre à EADS de sérieuses perspectives pour participer au remplacement de la flotte de transports stratégiques et tactiques de l’US Air Force », relève CM-CIC. L’accord de samedi constitue une « étape importante dans son mouvement de rééquilibrage entre activités civiles et militaires », ajoute Oddo, tout en soulignant qu’il pourra faciliter la stratégie de croissance externe d’EADS aux Etats-Unis.
Cependant, tous les intervenants ne sont pas optimistes, à l’instar de Credit Suisse, rappelant le prix « très agressif » offert par le consortium et ses interrogations sur la marge d’Airbus pour ce contrat. Et cet intermédiaire comme Citigroup rappelle que la poursuite de la faiblesse du dollar face à l’euro va continuer à peser sur les résultats du groupe, sans compter les risques de retournement du cycle aéronautique.
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