E.ON crée la surprise et propose de céder son réseau d'électricité en Allemagne
Berlin a dû apprécier, Paris aussi : alors que l’Allemagne et la France s’opposent à la Commission européenne sur la libéralisation du marché de l’énergie en Europe, la compagnie allemande d'électricité E.ON a créé la surprise en se déclarant prête, jeudi, à céder son réseau de lignes haute tension en Allemagne pour se conformer aux demandes des autorités européennes de la concurrence.
La Commission européenne s’est félicitée de la proposition d’E.ON de céder son réseau de distribution ainsi que l'équivalent de 4.800 mégawatts de capacité de production. Mais il existe une contrepartie : «Aux termes de cette procédure, les engagements (pris par E.ON) seraient légalement contraignants, la Commission renoncerait à ses actions anticoncurrentielles à l’encontre d’E.ON», précise le communiqué de la société.
Les quatre principales compagnies d'électricité allemandes et la chancelière Angela Merkel étaient jusqu'à présent unies pour s’opposer aux demandes la Commission européenne. Vattenfall Europe, la filiale allemande du groupe suédois Vattenfall, a indiqué que toutes les options étaient à l'étude pour son réseau de distribution, y compris une cession. En revanche, RWE et Energie Baden-Wurttemberg, respectivement deuxième et troisième producteur d'électricité en Allemagne, ont réaffirmé jeudi leur intention de conserver leur réseau de distribution.
Le même jour, les ministres de l’Energie des Vingt-Sept étaient à Bruxelles pour déblayer le terrain sur ce dossier. A première vue, le blocage reste intégral. La Commission, appuyée par des pays comme la Suède, le Danemark, les Pays-Bas ou le Royaume-Uni, exige la «séparation patrimoniale» de la production et de la distribution, bien souvent la propriété des anciens monopoles qui empêcheraient les nouveaux producteurs d’utiliser leurs «tuyaux». Cela impliquerait l'éclatement des groupes verticalement intégrés qui détiennent à la fois des centrales électriques ou au gaz et un réseau de distribution, comme EDF.
Huit pays - France, Allemagne, Autriche, Bulgarie, Grèce, Luxembourg, Lettonie et Slovaquie - ont donc proposé une autre piste : la séparation effective de la production et de la distribution se ferait par les régulateurs nationaux garantissant le libre jeu de la concurrence. Le débat reste ouvert. La Commission n’a pas rejeté leur proposition et la présidence slovène a confirmé qu’elle restait sur la table.
Plus d'articles du même thème
-
Le déploiement de l’IA en entreprise reste à la merci d’une maîtrise de la donnée
L’enquête OneStream relève que la culture française du strict contrôle en amont freine la valorisation opérationnelle. -
La start-up de l’informatique quantique Quobly lève 115 millions d’euros
La société grenobloise obtient des fonds de la part de Bpifrance, SEALSQ, STMicroelectronics ou encore du fonds de capital risque d’Air Liquide. Elle développe un ordinateur quantique sur une base semi-conducteurs. -
UniCredit se montre tentée par le marché espagnol de la banque privée
La deuxième banque transalpine pourrait prochainement renforcer sa présence en Espagne dans ce secteur très convoité par les acteurs internationaux. -
Les ETI souscrivent davantage aux assurances cyber
En 2025, la sinistralité grimpe en flèche avec des ETI quatre fois plus attaquées qu'en 2024. Elles sont également deux fois plus nombreuses à recourir à une assurance cyber. -
3i prend une participation majoritaire dans Nutergia
La stratégie de développement est axée sur la croissance organique et numérique de la cible, spécialisée dans les compléments alimentaires. -
VanEck cote un ETF dédié à l'infrastructure physique qui entoure le développement de l'IA
VanEck cible l'infrastructure physique de l'IA, alors que les dépenses mondiales en data centers devraient dépasser 750 milliards de dollars cette année.
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- James Reynolds (GSAM International) : «Il y aura une dispersion croissante des performances en crédit privé»
- Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
Contenu de nos partenaires
-
La France démunie en cas d’afflux de demandeurs d’asile aux frontières
De nombreuses failles vont s’ouvrir à cause de la non-transposition du Pacte sur l’asile et la migration -
Oubliez les Maldives et les Seychelles : voici 7 paradis secrets qui détrônent les destinations de luxe classiques
Longtemps, le voyage paradisiaque s’est résumé à quelques cartes postales universelles : lagons turquoise des Maldives, villas sur pilotis aux Seychelles, plages immaculées de Zanzibar. Mais les voyageurs hauts de gamme cherchent désormais autre chose. Des îles moins connues, des territoires plus sauvages, des lieux où le luxe ne se mesure plus seulement au nombre d’étoiles d’un hôtel, mais au sentiment d’être loin du monde. -
Combien ça coûteBaisser la fiscalité sur l’électricité : le « oui mais » du Conseil des prélèvements obligatoires
La France accélère son électrification, la fiscalité de l’énergie doit s’adapter. C'est nécessaire, à moyen terme, estime l'institution