Dublin remplit les objectifs de la Troïka malgré des nuages à l’horizon

La mission composée du FMI, de la BCE et de l’UE a ramené sa prévision de croissance du PIB irlandais pour 2012 à 0,5%
Antoine Duroyon

Dans un entretien à la chaîne de télévision irlandaise RTE, le ministre des Finances Michael Noonan a estimé que «comparé à il y a douze mois, le pays s’est stabilisé». Plus tôt dans la journée, la Troïka (FMI, BCE, Union européenne) avait confirmé que le gouvernement avait rempli au quatrième trimestre les conditions assorties au plan d’aide de 67,5 milliards d’euros. Cette décision ouvre la voie au versement d’une tranche d’aide de 9,7 milliards d’euros (3,2 milliards du FMI et 6,5 milliards de l’UE).

Mais l'évaluation pointait dans le même temps une situation toujours délicate : «La demande domestique reste contenue, le chômage élevé et la croissance des échanges avec les partenaires commerciaux ralentit». Par ailleurs, le calendrier d’un certain nombre de projets législatifs (réforme du régime de faillite personnelle) ou bancaires (restructuration d’Irish Life & Permanent) a été retardé, ce qui peut constituer un sujet de préoccupation. Michael Noonan a jugé qu’ILP était la «dernière pièce du puzzle bancaire» à être solutionnée avec ce projet de restructuration.

Prenant acte d’un environnement économique dégradé, la mission a divisé par deux sa prévision de croissance du PIB pour cette année. Elle s'établit désormais à 0,5%, alors que le gouvernement table sur une croissance de 1,3%. L’objectif d’un déficit budgétaire limité à 8,6% du PIB en 2012 est toujours d’actualité, après 10% en 2011, et la Troïka considère, «à ce stade», que rien ne justifie des mesures d’austérité supplémentaires. «Le gouvernement a raison de se féliciter du chemin parcouru. Mais nous avons toujours un déficit de 10% donc il y a encore un grand fossé à combler avant que nous n’atteignions un niveau de dette supportable», souligne Brian Devine, économiste chez NCB Stockbrokers.

«L’Irlande manquera les objectifs initiaux fixés dans le budget 2012, mais nous pensons que le FMI et l’UE continueront de soutenir le pays étant donné qu’il est une tête d’affiche dans l’idéologie européenne sur la manière de résoudre une crise de la dette», ajoute-t-il. Aux yeux des analystes, Dublin devrait ainsi être en mesure de retourner sur les marchés en 2013 mais pourrait solliciter à titre préventif une nouvelle aide en prévision des 24 milliards d’euros nécessaires en 2014.

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