Dublin passe outre la BCE pour obtenir un délai de son échéance de dette
Ayant attendu en vain le soutien officiel de la BCE concernant le report de la deuxième échéance de 3,06 milliards d’euros du 31 mars à l’IBRC (fusion entre Anglo Irish et Irish Nationwide Building Society), Dublin a décidé jeudi de prendre le taureau par les cornes. Le ministre des Finances, Michael Noonan, a indiqué que le règlement sera financé par une émission d’obligation à 13 ans d’une valeur nominale identique au montant de l’échéance. La marge consentie devrait être de 135 pb par rapport au taux de refinancement de la BCE, selon la Banque centrale d’Irlande (BoI).
«Le financement de l’obligation sera garantie par une facilité fournie par la Nama à l’IBRC avec des conditions commerciales identiques à celle d’un financement auprès de Bank of Ireland. La Nama est dans une situation qui lui permet d’assurer ce financement avec ses propres fonds» précise Michael Noonan. La structure de défaisance (Nama) utilisera ainsi ses 4,3 milliards de trésorerie pour acheter des obligations. Bank of Ireland indique qu’elle financera ensuite la transaction «par les opérations de refinancement ordinaires auprès de BCE en utilisant les obligations éligibles auprès de l’Eurosystème».
Le fait que Dublin ait eu recours à un subterfuge, alors qu’Anglo Irish aurait pu refinancer directement l’obligation auprès de la BCE montre les réticences de l’institution. «La BCE prend acte de l’annonce» a-t-elle indiqué. Et de mettre Dublin en garde. «L’Eurosystème a fourni un soutien sans précédent au secteur bancaire irlandais.(…) Dans la mesure où l’Irlande cherche à regagner la confiance des marchés, il est de la plus haute importance que les engagements pris par l’Etat irlandais soient respectés dans le strict cadre des contrats et accords en vigueur». La BCE tient à la réduction progressive du recours des banques à l’ELA, la ligne d’urgence fournie par la banque centrale irlandaise, qui va de pair avec celle de la création monétaire de l’institution irlandaise.
L’enjeu est lourd. Les échéances annuelles dues par Dublin s’inscrivent dans le cadre du remboursement des 30,85 milliards d’euros de «promissory notes», instruments utilisés pour recapitaliser les banques, qui pèsent 19,5% du PIB. Avec les intérêts, le coût total du programme d’assistance ELA se monte à 47 milliards. Or, si le coupon fixe de 8% est maintenu, l’Etat devrait payer l’équivalent de 1% du PIB par an à partir de 2014.
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