Dubaï ne remet pas en cause notre avis positif sur le crédit européen
Julien Daire, gérant obligataire crédit chez CPR AM
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Violaine Le Gall
L’Agefi: Quel peut être l’impact des problèmes de Dubaï sur le marché du crédit européen ?
Julien Daire : Même si la restructuration de la dette de Dubai World a jeté un froid sur les marchés, nous pensons que l’impact sur le marché du crédit devrait rester limité.
A notre avis, l’ampleur du mouvement, sur l’iTraxx Main notamment, est liée en grande partie à la proximité de fin d’année.
Les intervenants de marché sont nerveux à l’idée d’abandonner une partie de leur performance acquise sur l’année et la liquidité du marché est traditionnellement faible lors du week-end de Thanksgiving.
Par ailleurs, il apparaît que la problématique de Dubaï, en pleine bulle immobilière, est spécifique et ne devrait pas entraîner de répercussions majeures sur les autres Etats de la région. En effet ceux-ci disposent de ressources pétrolières importantes leur permettant éventuellement de venir en aide à Dubaï.
Quant à l’impact sur le reste du monde via l’exposition des banques, il semble limité notamment en Europe où l’exposition des banques européennes à Dubaï est estimée à seulement 40 milliards de dollars.
Même pour les banques britanniques, qui sont les plus en risque avec 60% de cette exposition, les agences ont déjà indiqué que leurs notations ne devraient pas être affectées.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie ?
L’épisode Dubaï ne remet pas en cause notre avis positif à moyen terme sur le marché du crédit investment grade européen et notre surpondération sur les banques européennes les plus solides, qui offrent toujours des primes de risque attractives notamment sur leurs dettes subordonnées.
Ce risque n’est encore qu’en septième position, alors que les risques humains et opérationnels (santé et sécurité) dominent dans le monde, particulièrement en Europe. Suivent les risques liés aux pertes de données et aux cyberattaques.
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