Donald Trump met ses menaces à exécution sur l’Iran
La tension est montée crescendo au cours de la journée d’hier, quand l’inéluctable est tombé : le président américain Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis se retiraient de l’accord conclu à Vienne en juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien, et allaient rétablir les sanctions américaines contre Téhéran – une décision saluée par Israël et l’Arabie Saoudite.
Mais au lieu de rétablir immédiatement des sanctions, il a opté pour des mesures graduelles que certains professionnels de marché ont assimilé à une porte entre-ouverte aux négociations. Les Etats-Unis vont en effet rétablir une palette de sanctions à l’issue de périodes transitoires de 90 à 180 jours, qui viseront notamment le secteur pétrolier iranien, les exportations aéronautiques vers l’Iran, le commerce de métaux, ainsi que les transactions en dollar avec la Banque centrale du pays, a annoncé le département du Trésor américain.
L’Europe et l’Iran sont prêts à sauver l’accord
L’Europe tente de sauver les meubles. Dans un communiqué commun exprimant leur regret et leur préoccupation, le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et la Première ministre britannique Theresa May se sont dits «déterminés à assurer la mise en œuvre» de ce texte en «maintenant les bénéfices économiques» au profit de la population iranienne. Pour sauver le texte, les Européens sont allés dans le sens du président Trump en proposant de négocier avec l’Iran un «nouvel accord» qui prenne en compte les inquiétudes américaines sur le développement de missiles balistiques par Téhéran.
De son côté, le président iranien Hassan Rohani a assuré que Téhéran n’entendait pas se retirer de l’accord. «J’ai donné pour consigne au ministère des Affaires étrangères de négocier avec les pays européens, la Chine et la Russie dans les semaines à venir», a-t-il déclaré.
Des marchés indécis
Les marchés sont restés indécis devant la difficulté à évaluer les conséquences de la décision américaine, par son côté graduel. Le Nasdaq, le Dow Jones et le S&P 500 sont restés stables, tandis que le pétrole a joué au yo-yo, ne semblant pas comment interpréter l’information. Le dollar lui-même a poursuivi sa hausse hier, même si celle-ci s’est en partie tassée après l’annonce de Donald Trump.
Aujourd’hui, les réactions sur les marchés actions seront à surveiller. Airbus a déclaré hier soir qu’il prendra le temps qu’il faudra pour analyser «attentivement» l’annonce, tandis que Boeing va consulter les autorités américaines au sujet des «prochaines étapes». La compagnie IranAir a commandé pour respectivement 20,8 et 17 milliards de dollars d’appareils aux deux avionneurs.
Les compagnies pétrolières sont également concernées. Total a par exemple signé en juillet 2017 un accord avec l’Iran en vue de développer la phase 11 de South Pars, le plus grand gisement de gaz naturel au monde, avec un investissement initial de l’ordre du milliard de dollars. Son patron Patrick Pouyanné a précédemment déclaré qu’il tenterait de négocier une dérogation si les sanctions devraient être rétablies. Autre secteur touché en France, l’automobile : PSA et Renault disposent d’accords de production en Iran et nourrissaient jusqu’à présent de fortes ambitions sur ce marché.
En Allemagne, le président de la BGA, l’association du commerce extérieur, craint que la décision américaine ne provoque de l’incertitude pour les entreprises allemandes, qualifiant la situation à venir de «chaos».
Plus d'articles du même thème
-
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose. -
Blue Sea et dette privée : Bpifrance muscle son arsenal d’investissement
Dans un environnement de marché marqué par la faiblesse persistante des levées de fonds et des sorties, la banque publique d’investissement entend renforcer son rôle contracyclique en mettant l’accent sur ces deux chantiers stratégiques. -
Nickel lance un compte pour les pros
La banque a vu son développement s’accélérer légèrement sur le marché français, avec l’ouverture de 210.000 comptes au premier trimestre 2026, contre un rythme mensuel à 60.000 précédemment. -
EQT acquiert Intertek pour 12 milliards d'euros
En acquérant le fournisseur britannique de services d'assurance et de certification, EQT réalise une des plus importantes acquisitions par un groupe de capital-investissement au Royaume-Uni. -
La Banque d’Angleterre patiente face à l'inflation
Par sept voix contre deux, le comité de politique monétaire de la BoE a maintenu son taux à 3,75%. Il a préféré ne pas anticiper les effets de second tour du choc énergétique, notamment à cause des taux d’intérêt bancaires déjà élevés. -
Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Le groupe américain de conseil a publié des résultats décevants et annoncé une double acquisition. Il plonge en Bourse et entraîne dans son sillage la société de services informatiques française.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Le chantier social prend du retard dans la fusion de BNP PAM et d'Axa IM
- Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- AIFM 2 : la transposition française de la directive prend beaucoup de retard
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
- La tokenisation change d’échelle
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreLa loi SURE est morte, vive la loi intégrale !
« On découpe en tranches, on traite chaque sujet de manière isolée, amendement par amendement », déplorent Carine Benoit-Benteux, vice-bâtonnière et Louis Degos, bâtonnier de Paris -
JoailleriePeut-on encore croire aux mythes ?
Pour sa nouvelle collection de haute joaillerie baptisée « Mythica », Louis Vuitton livre une proposition contemporaine et virtuose de la thématique des mythes. -
Chaud devantLa prévention victime de coupes dans le budget « com » de l’Etat ?
Alors qu'une canicule frappe le pays, la polémique monte sur des campagnes de prévention retardées