Divisions sur l’augmentation de la capacité des fonds de soutien européens
Dès 2011, nous avons appelé à un renforcement des moyens d’appui financier pour stopper la contagion dans la zone euro. Les dix-huit mois passés ont montré que cet appel était justifié. Nous avons fait des progrès. Mais nous voyons, à la Commission européenne, qu’il y a un besoin clair pour renforcer le pare-feu européen». Le vice-président de la Commission, Olli Rehn, a une nouvelle fois apporté sa voix hier aux défenseurs d’un renforcement rapide des capacités d’intervention de la zone euro pour soutenir les pays rencontrant des difficultés de financement. La participation du Fonds monétaire international au plan grec «dépendra du pare-feu», avait prévenu mardi sa directrice générale. Christine Lagarde appelle à un renforcement depuis des mois.
L’idée des défenseurs d’une augmentation des moyens de soutien serait de cumuler les 250 milliards du Fonds européenn de stabilité financière (FESF) et les 500 milliards du Mécanisme européen de stabilité (MES). Tous les gouvernements de l’eurozone se sont ralliés à cette idée, sauf l’Allemagne. «La position de l’Allemagne n’a pas changé. C’est non. Ce n’est pas nécessaire», a martelé mercredi le porte-parole de la chancellerie à Berlin.
Pour l’instant, les capacités restantes du FESF sont d’environ 250 milliards compte tenu des engagements pris sur l’Irlande et le Portugal (43,7 milliards au total) et sur la Grèce (à définir dans le cadre du second plan). En décembre, les chefs d’Etat et de gouvernement, en décidant d’avancer la création du fonds pérenne, le MES, de juillet 2013 à juillet 2012, avaient précisé que les moyens d’intervention totaux seraient de 500 milliards. Si le MES reprenait les engagements du FESF, sa capacité restante serait donc de 450 milliards.
Pour faire sauter ce plafond, «toutes les options sont sur la table», indiquait jeudi une source européenne. Une serait de laisser le FESF garder la main sur les programmes en cours au-delà de 2013, notamment pour la Grèce. Le MES serait réservé de facto aux autres pays. Une autre consiste à augmenter la capacité du MES d’emblée en accélérant la libération du capital (prévue sur 4 ans). Mais la capacité des pays à participer n’est pas acquise.
Les chefs d’Etat pourraient aussi décider les 1er et 2 mars d’attendre un peu avant de réévaluer les besoins du MES et du FESF. Mais ce serait compromettre la participation du FMI au plan grec dont le conseil d’administration se réunit la semaine suivant le conseil européen.
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