Dexia et la CDC s’allient dans la gestion de l’immobilier public

Les deux groupes créent une filiale commune, Exterimmo, qui vise un volume d’intervention de 200 millions d’euros dès 2009 en France
Alexandre Garabedian

Perdue dans le plan stratégique Elan 2020 de la Caisse des dépôts et consignations, l’annonce de la création d’Exterimmo est passée inaperçue. Cette structure dédiée à la gestion de l’immobilier public s’attaque pourtant à un marché potentiel énorme, compte tenu des besoins de l’Etat et des collectivités locales en la matière. Détenue à 40 % par la CDC, à 20 % par la Société nationale immobilière, filiale de la précédente, et à 40 % par la banque franco-belge Dexia, la société est en cours de constitution.

« La création d’Exterimmo répond à deux évolutions, explique Gérard Bayol, administrateur directeur général de Dexia Crédit Local. Depuis 2006, en France, la réforme de la domanialité favorise une plus grande disponibilité des bâtiments publics à la vente et donne aux collectivités locales de nouveaux moyens pour optimiser la gestion de leur immobilier ». De quoi aiguiser l’appétit de Dexia Crédit Local, premier acteur du financement public dans l’Hexagone. « Le Grenelle de l’environnement va en outre conduire les collectivités locales à mettre leurs bâtiments aux nouvelles normes écologiques », ajoute Gérard Bayol. L’association avec la CDC, très présente dans la gestion immobilière, coulait de source : le Crédit Local est une émanation de la Caisse des dépôts, et celle-ci détient 11,6 % de Dexia.

Exterimmo aura vocation à porter et à rénover si nécessaire tous types de biens : immeubles administratifs, écoles, équipements sportifs ou culturels… Quelque 600.000 bâtiments répondent aujourd’hui à cette définition, même si le marché potentiel est inférieur. Juridiquement, ses interventions prendront la forme d’achats ou de baux emphytéotiques administratifs, qui permettent à une collectivité territoriale de louer pendant 18 à 99 ans un bien immobilier à un tiers privé pour qu’il y réalise des opérations. Dotée d’un capital de départ de 50 millions d’euros, la société entend parvenir à un volume d’intervention de 200 millions d’euros dès 2009. « Nous anticipons la demande des collectivités locales », reconnaît Gérard Bayol.

Ce nouveau domaine d’intervention dépasse d’ailleurs les frontières de la France. Dexia Banque a adopté la même démarche en Belgique en novembre 2007, en s’alliant avec deux de ses actionnaires de référence, le Holding communal et Arco, et une société de gestion d’actifs, GVA Asset Management, pour créer une structure similaire baptisée Dexia Immorent.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...