«Des marchés ballottés pourraient présenter des niveaux d’entrée plus intéressants cet été»
L’Agefi : comment voyez-vous évoluer le marché du crédit ?
Hervé Boiral : Au vu des soubresauts qui parcourent l’Europe, l’avenir de notre zone se révèle difficile à analyser. Entre les considérations politiques opposant pays centraux et périphériques, les élections à venir et les chiffres macroéconomiques dépendant de la météo, afficher des convictions fortes devient acrobatique: «Les prévisions sont difficiles, surtout quand elles concernent l’avenir.»
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie ?
Quelques repères nous aident à articuler notre politique d’investissement. En premier lieu, le niveau des spreads sur l’investment grade rémunère largement le risque de défaut. A 2,50% de prime, cela équivaut à 1 entreprise sur 5 poussée à la faillite avant de commencer à perdre de l’argent. Du jamais vu, même dans les années 30. D’un point de vue fondamental, la classe d’actif est intéressante, sans compter qu’elle offre une alternative rassurante par rapport aux emprunts d’Etat. Tout investisseur non soumis à la valeur de marché devrait donc être tenté par le crédit. Malheureusement, il en reste assez peu. Le timing reste donc crucial.
Notre seconde conviction, c’est que la volatilité va continuer à être forte. Des marchés ballottés pourraient présenter des niveaux d’entrée plus intéressants au cours de l’été. Au final, plutôt que suivre au plus près notre indice, nous préférons adopter une posture prudente en gardant un volant de cash. Si la situation venait à se dégrader, cette poche monétaire viendrait amortir la dégradation attendue.
A l’inverse, si l’Europe s’invente un futur, la réouverture du marché primaire viendrait nous offrir des opportunités qui nous permettraient alors de revenir pleinement investis.
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