Des éléments exceptionnels freinent la performance de Merck
Le consensus attendait 265 millions d’euros, Merck a finalement dû se contenter au dernier trimestre d’un bénéfice d’exploitation de 166,1 millions, en retrait de 21% par rapport à 2006. Le groupe a en effet dû constater une charge de 75 millions d’euros (licenciements, fermeture de sites) à la suite du rachat de Serono, ainsi qu’une dépréciation de 54 millions d’euros sur le Serostim, un médicament traitant les effets secondaires du sida.
Il n’empêche qu’en dépit de cet accroc, le PDG du groupe allemand Karl-Ludwig Kley s’est félicité d’avoir publié sur l’année «les résultats financiers les plus forts de l’histoire de Merck». Le groupe a fait état d’un résultat net de 3,39 milliards qui, bien qu’un peu inférieur aux attentes du marché (3,6 milliards), se compare à un chiffre de 129 millions un an plus tôt. Ceci grâce à la cession de ses activités génériques pour un gain net de 3,47 milliards d’euros. La situation financière de Merck s’est également améliorée en 2007 avec un endettement net de 355 millions d’euros fin décembre 2007, contre 5,41 milliards l’an dernier. En données pro forma, c’est-à-dire en tenant compte des résultats de Serono sur 2006, le chiffre d’affaires de Merck a progressé de 4,7%, au cours du quatrième trimestre 2007 et ses bénéfices ont été multipliés par 12. A la suite de ses résultats, le groupe a décidé de proposer un dividende exceptionnel de 2 euros par action.
«Même en cette période d’incertitude économique, nous pensons que 2008 sera à nouveau une année de croissance solide», a déclaré Karl-Ludwig Kley. Il espère ainsi que, sur l’ensemble de l’année 2008, le groupe connaîtra une croissance comprise entre 5 et 9% et que la marge opérationnelle, en excluant notamment les coûts d’intégration de Serono, se situera entre 23 et 27%. Plus particulièrement, la branche cristaux liquides devrait afficher une hausse de 5 à 10% de son revenu sur 2008, alors que sa marge opérationnelle est espérée entre 47 et 52%. La division Merck Serono devrait pour sa part connaître une augmentation de 7 à 11% de son activité et de 23 à 27% de sa marge opérationnelle.
Andrew Fellows, analyste chez Helvea, qualifie Merck de société «émergente» qui tente «de se construire un passé professionnel». Cela n’empêche pas le marché de parier sur l’avenir avec la valeur puisque 20 analystes sur 31 la conseillent à l’achat, selon Bloomberg.
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