Des banques traînées en justice pour une manipulation présumée des taux Libor
Les soupçons de manipulation des taux Libor (London interbank offered rate) gagnent en consistance. Alors qu’UBS a révélé dans son dernier rapport annuel avoir reçu des assignations de la part du département américain de la justice, de la SEC et de la CFTC (lire l’Agefi du 16 mars), l’affaire prend une tournure publique. Toutes les grandes banques américaines et européennes ( notamment Bank of America, JPMorgan, HSBC, Barclays, Deutsche Bank, Credit Suisse...) se retrouvent au centre d’une plainte déposée le 15 avril devant le tribunal fédéral du district sud de New York (Manhattan). Les griefs de cette plainte au civil incluent notamment la dissimulation frauduleuse, la violation du Commodity Exchange Act, le non-respect des règles antitrust et un enrichissement indu. Citigroup a réagi en jugeant cette plainte «sans fondement».
A l’origine de la plainte figurent trois fonds d’investissement : l’autrichien FTC Capital GmbH Vienna, le luxembourgeois FTC Futures Fund SICAV et FTC Futures Fund PCC Ltd., enregistré à Gibraltar. Les établissements ont prétendument vendu des futures, des options, des swaps et d’autres instruments dérivés basés sur le taux Libor «à des prix artificiels que les suspects ont créés», portant dès lors atteinte aux investisseurs, souligne la plainte.
Entre 2006 et 2009, les banques «se sont collectivement entendues pour supprimer artificiellement les taux Libor» et, au début de 2008, «durant la crise financière la plus importante depuis la grande dépression», les taux sont restés stables quand «ils auraient dû croître significativement», détaillent les documents judiciaires. Etant le reflet des conditions de financement des acteurs bancaires, sur une base déclarative auprès de vingt membres (le fixing du taux moyen est calculé quotidiennement et publié par la British Bankers’ Association), la tentation est grande de minorer cet indicateur théorique en cas de stress de liquidité sur le marché. Une manœuvre potentiellement dommageable pour les investisseurs, le Libor servant de référence à une multitude de dérivés ou de prêts. Les autorités de régulation aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et au Japon seraient d’ailleurs pleinement mobilisées sur ce dossier.
Plus d'articles du même thème
-
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose. -
Blue Sea et dette privée : Bpifrance muscle son arsenal d’investissement
Dans un environnement de marché marqué par la faiblesse persistante des levées de fonds et des sorties, la banque publique d’investissement entend renforcer son rôle contracyclique en mettant l’accent sur ces deux chantiers stratégiques. -
Nickel lance un compte pour les pros
La banque a vu son développement s’accélérer légèrement sur le marché français, avec l’ouverture de 210.000 comptes au premier trimestre 2026, contre un rythme mensuel à 60.000 précédemment. -
EQT acquiert Intertek pour 12 milliards d'euros
En acquérant le fournisseur britannique de services d'assurance et de certification, EQT réalise une des plus importantes acquisitions par un groupe de capital-investissement au Royaume-Uni. -
La Banque d’Angleterre patiente face à l'inflation
Par sept voix contre deux, le comité de politique monétaire de la BoE a maintenu son taux à 3,75%. Il a préféré ne pas anticiper les effets de second tour du choc énergétique, notamment à cause des taux d’intérêt bancaires déjà élevés. -
Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Le groupe américain de conseil a publié des résultats décevants et annoncé une double acquisition. Il plonge en Bourse et entraîne dans son sillage la société de services informatiques française.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Le chantier social prend du retard dans la fusion de BNP PAM et d'Axa IM
- Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- AIFM 2 : la transposition française de la directive prend beaucoup de retard
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
- La tokenisation change d’échelle
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreLa loi SURE est morte, vive la loi intégrale !
« On découpe en tranches, on traite chaque sujet de manière isolée, amendement par amendement », déplorent Carine Benoit-Benteux, vice-bâtonnière et Louis Degos, bâtonnier de Paris -
JoailleriePeut-on encore croire aux mythes ?
Pour sa nouvelle collection de haute joaillerie baptisée « Mythica », Louis Vuitton livre une proposition contemporaine et virtuose de la thématique des mythes. -
Chaud devantLa prévention victime de coupes dans le budget « com » de l’Etat ?
Alors qu'une canicule frappe le pays, la polémique monte sur des campagnes de prévention retardées