David Cameron veut lever les obstacles bureaucratiques à la relance britannique
Le discours du Premier ministre britannique, David Cameron devant des dirigeants du CBI, le principal syndicat patronal britannique, avait hier des accents de guerre économique. L’homme politique a de nouveau agité l’argument de la nécessité de réduire la bureaucratie, véritable obstacle selon lui à la reprise de la croissance.
David Cameron a donc décidé de réduire les pratiques consultatives, et, en particulier la durée des consultations gouvernementales qui jusqu’à présent devaient couvrir trois mois. Il s’en est également pris à la prolifération des demandes de révision de décisions de tribunaux administratifs par les citoyens (judicial reviews), dont le nombre a triplé en une dizaine d’années. L’excès de réglementation en Europe, comme au Royaume-Uni doit également être combattu, selon lui.
Enfin, il s’est engagé à supprimer les études d’impacts des mesures gouvernementales sur les citoyens (Equality Impact Assessments), qui doivent s’assurer que ces dernières ne sont pas discriminatoires : «nous disposons de personnes intelligentes au gouvernement qui réfléchissent aux questions de discrimination lorsqu’elles mettent en place ces politiques», s’est-il justifié.
Cet assainissement doit ainsi permettre d’accélérer la réindustrialisation du pays par le secteur privé, axe majeur de la politique du gouvernement Cameron. Le Premier ministre attribue ainsi la lenteur de la réalisation des projets d’infrastructures à ces freins bureaucratiques : «dans les années 50, il nous a fallu huit ans pour concevoir et construire les premiers 70 kilomètres de la M1 [autoroute]. Aujourd’hui, cela peut prendre autant de temps d’élargir une portion».
Ces nouvelles mesures interviennent alors que le Royaume-Uni a enregistré au troisième trimestre une croissance économique de 1%, dopée par les Jeux olympiques. Une bouffée d’oxygène qui devrait être de courte durée : à l’occasion de la publication du rapport sur l’inflation la semaine dernière, la Banque d’Angleterre a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2013 à 1% durant une grande partie de l’année alors qu’elle avait prédit une croissance supérieure à 2% au deuxième trimestre l’an prochain.
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