D’autres épisodes de volatilité sont à prévoir sur le marché obligataire européen
En Europe, la correction des marchés obligataires a été importante, le taux à 10 ans allemand bondissant de 0,07% le 20 avril à plus de 0,7% le 13 mai, soit une hausse de près de 65 points de base en moins d’un mois. Le point de départ d’avant la correction était rappelons-le historiquement bas. Plusieurs raisons à ces valorisations excessives : en premier lieu les perspectives de croissance en Europe au début de l’année étaient très faibles, justifiant de fait l’annonce du QE de la BCE en janvier dernier.
Ensuite, la persistance d’une inflation faible a été récemment amplifiée par la baisse des prix du pétrole. Dans ce contexte, les investisseurs sachant que la BCE s’engageait à acheter des obligations de la zone jusqu’en 2016, ont été poussés à aller encore plus loin sur les courbes, à 10, 20 voire 30 ans pour trouver un minimum de rendement. Cette frénésie d’achat sur les marchés de la dette souveraine a donc simplement abouti à effacer toute prime de risque sur la classe d’actifs.
Mais la croissance en zone euro a commencé à montrer des signes de renouveau en avril avec les publications des chiffres du PIB pour le premier trimestre, et ceci a été accentué par la baisse violente du prix du pétrole.
Une surréaction donc, comme souvent, de la part des marchés, qui ne marque sans doute pas pour autant le point de départ du bear market attendu. Les taux directeurs de part et d’autre de l’Atlantique sont encore bien à zéro et les perspectives de croissance et d’inflation toujours bien maigres, en Europe en particulier, pour justifier une hausse significative des taux vers leur niveaux d’équilibre de long terme. A n’en pas douter, d’autres épisodes de forte volatilité sont néanmoins à attendre, dans cet environnement qui reste sans précédent historique.
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