« Dans les mois qui viennent, l’inflation en zone euro se rapprochera de 3 % »
L’Agefi : Le recul de l’inflation en zone euro en mai est-il suffisant pour retarder la hausse de 50 pb du refi anticipée par le panel d’ici à 6 mois ?
Jean-Luc Proutat: Je ne crois pas. La poussée d’inflation d’avril, corrigée en mai, tient à des effets de calendrier (les ajustements de tarifs qui entourent les congés de Pâques ont été comptabilisés tardivement). La tendance de fond reste à l’accélération. Dans les mois qui viennent, l’inflation en zone euro se rapprochera de 3%. Sa composante sous-jacente (hors alimentaire et énergie) remontera un peu. Cette dernière répercute l’alourdissement des coûts unitaires de production. Elle réagit aussi à l’accroissement de la masse monétaire. Quelle qu’en soit la mesure, le taux d’intérêt réel auquel prête la BCE reste négatif, donc très accommodant aux yeux de celle-ci. Et s’il devait remonter de 50 points de base d’ici a 6 mois, le refi resterait toujours en dessous du niveau de l’inflation.
La détente des taux à 10 ans américains va-telle perdurer ?
La modération des indicateurs américains d’activité et d’emploi en avril et mai explique en partie celle des taux d’intérêt. Elle peut se poursuivre, donc entretenir pour quelques semaines encore la baisse des taux longs. Mais au-delà, les rendements devraient remonter. D’abord parce que la Fed cessera d’acheter des Treasuries. On estime que la fin du quantitative easing ajouterait quelque 30 pb aux taux longs américains. Ensuite parce que les perspectives économiques peuvent être reconsidérée plus favorablement. Le «trou d’air» américain du printemps ne doit pas faire oublier certaines évolutions encourageantes, comme la reprise du crédit (à la consommation, aux entreprises) ainsi que la solidité de l’investissement. On constate par ailleurs qu’au Japon, les niveaux de production reviennent plus vite que prévu sur ceux d’avant le séisme.
{"title":"","image":"77170»,"legend":"panel taux»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Deutsche Börse échapperait à une supervision européenne obligatoire
Berlin a obtenu une dérogation pour que la place boursière allemande puisse rester sous le contrôle de son régulateur national, selon le Financial Times. -
« Les facteurs techniques et l’appétit des investisseurs plaident pour une position modérément surpondérée »
Bart aan de Toorn, gérant et membre du comité d'investissement de l'équipe crédit chez VLK IM -
«Nous anticipons une appréciation du yen d'ici à la fin de l'année»
Evelyn Herrmann, économiste Europe chez Bank of America -
«La hausse des taux de la BCE devrait être la seule pour 2026 et 2027»
Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez La Banque Postale AM -
Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
L’introduction hors norme sur le Nasdaq de SpaceX a attiré une demande plus de 4 fois supérieure à l’offre avec une hausse de près de 20% de l’action à la première cotation. D’autres méga-IPO vont inonder le marché, avec des airs de déjà-vu et un parfum de bulle spéculative. -
« La croissance des bénéfices dans l’UE devrait être inférieure au consensus »
Michele Morganti, stratégiste actions senior chez Generali Investments
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Contenu de nos partenaires
-
Onde de chocAffaire Lyhanna : le dilemme d'Emmanuel Macron
Face à la crise provoquée par la mort de la jeune Lyanna, le chef de l'Etat doit trouver la bonne distance et les mots justes pour témoigner de l'empathie sans chercher à instrumentaliser -
« Dans les start-up de défense, le réseau compte autant que la technologie »
Pour l'investisseuse Louise Boucher, avoir le bon produit ne suffit pas. Les jeunes entreprises d'armements doivent rapidement recruter des profils ayant de bonnes connexions chez les décideurs militaires -
Shahed, fais-moi peurGuerre des drones : l'effervescence française
Avec ses start-up Alta Ares et Harmattan AI, la France compte de nombreux atouts dans le secteur des drones. Mais la compétition européenne et la production ukrainienne à grande échelle menacent leur percée sur un marché en mutation rapide