Crise financière : les ministres laissent la Commission en première ligne
Pour le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, les réformes ont renforcé la résistance de l’économie européenne
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Florence Autret, à Bruxelles
A défaut de position officielle des ministres des Finances des Vingt-Sept, réunis hier en Conseil à Bruxelles, la Commission européenne s’est retrouvée en première ligne. « Nous vivons une période d’incertitude», a reconnu le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia. « Depuis la semaine dernière, les marchés financiers reflètent ces turbulences. Le choc se fait maintenant sentir. Mais la raison principale en est le risque de récession aux Etats-Unis, non dans le reste du monde», a-t-il insisté. « Les bases de l'économie européenne sont saines et les prévisions montrent que les réformes ont renforcé la résistance de l'économie européenne à ce genre de choc», a déclaré le ministre slovène des Finances Andrej Bayuk, qui présidait pour la première fois le Conseil Ecofin depuis que son pays a pris la présidence de l’Union le 1er janvier.
Le commissaire Almunia a par ailleurs repoussé l’idée d’une baisse coordonnée des taux d’intérêt en assurant que « les banques centrales ont coordonné leur action pour garantir la liquidité mais elles doivent garder leur indépendance». Il a insisté sur le rôle aggravant des « déséquilibres américains», déficits budgétaires et commerciaux et insuffisance de l'épargne.
Du côté des ministres, la prudence était de mise. La réunion des quatre ministres des Finances des principales économies de l’Union prévue le 29 janvier à Londres a jeté une ombre sur le Conseil. Christine Lagarde et ses homologues l’Allemand Peer Steinbrück, le Britannique Alistair Darling et l’Italien Tommaso Padoa-Schioppa doivent en principe s’en tenir au programme de la « feuille de route » sur la stabilité financière adoptée par le Conseil Ecofin d’octobre. Il s’agit de « préparer le terrain » à des décisions ultérieures du Conseil, a assuré Andrej Bayuk, qui se serait plaint de ne pas avoir été convié. La feuille de route définit une liste de sujets (supervision bancaire, coordination entre régulateurs, agences de notation, solidarité en cas de crise systémique) et un calendrier pour chacun. Alors que le commissaire en charge des Services financiers Charlie McCreevy préparerait pour fin mars-début avril un train de propositions portant notamment sur une révision de la directive fonds propres des banques (Bâle 2), « nous devons attendre de recevoir les différents rapports commandés», a-t-il commenté.
L’activité sur le marché primaire crédit euro a nettement repris avec 20 milliards d’émissions. Les banques ont surpris avec des émissions de titres subordonnés. Côté corporate, Thales a émis des obligations dans le cadre du refinancement de l’acquisition d’Exail.
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