Crédit Agricole SA renflouera ses fonds propres à hauteur de 7 millliards d’euros
Crédit Agricole SA (CASA) le voit comme une sorte de police d’assurance : sa solution, baptisée «Switch» et mise au point pour répondre aux normes de Bâle II, permettra de mutualiser le risque de défaut d’une caisse régionale entre caisses, pour éviter qu’il soit supporté seulement par la maison mère. Ce moyen, validé par la Commission bancaire, devrait libérer 1,25 milliard d’euros de capital chez CASA. De plus, le groupe souhaite répondre par deux autres moyens aux exigences de Bâle II, qui, à cause de son traitement des intérêts minoritaires, est «très positif» pour les caisses régionales, mais «globalement négatif» pour CASA. Cette dernière cherche par conséquent 7,1 milliards de fonds propres, dont 5,5 milliards au titre des participations dans les caisses régionales. Un montant à comparer aux 3,2 milliards d’euros dont a besoin la Caisse nationale des Caisses d’Epargne.
CASA dispose de 2,25 milliards de ressources propres excédentes sur un total de 29,7 milliards d’euros, le ratio Tier 1 étant de 8,1%. CASA espère couvrir seul son besoin avant la fin de l’année. Le groupe souhaite également placer en interne et externe, pour 3,6 milliards d’euros, des actions de préférence, une fois que la loi de la modernisation financière, votée d’ici à l’été, faclitera leur émission. Ces actions sont «moins dilutives que des actions ordinaires pour le même effet prudentiel» et seront accessibles à tous les actionnaires. Les caisses régionales avanceront d’ici là ces 3,6 milliards d’euros pour que le groupe soit en règle vis-à-vis des autorités avant le 31 mars.
La banque propose par ailleurs, outre le paiement intégral en numéraire habituel, le versement du dividende 2007 (1,20 euro par action, en hausse de 4,3%) en actions à hauteur de 80%. Une option que la SAS La Boétie, la holding formée par les caisses régionales qui détient 54,09% du capital, accepte, mais qui doit encore être validée lors de son assemblée générale. Pour les analystes, cette augmentation de capital déguisée constitue plutôt un signe de tension sur la trésorerie de la banque. «Il faut voir cette option comme une marque de reconnaissance envers nos actionnaires fidèles. Nous leur offrons la possibilité de participer à notre croissance et c’est par là un signe de la confiance que nous avons en la performance future de notre modèle», explique de son côté René Carron, président de CASA.
Plus d'articles du même thème
-
La France a les atouts pour relancer sa compétitivité
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions. -
PARTENARIATRéindustrialisation : reconstruire une souveraineté durable
Réindustrialiser l’Europe ne signifie pas seulement relocaliser la production. Pour reconstruire une souveraineté industrielle durable, encore faut-il financer les bons maillons, disposer de foncier, de compétences, d’infrastructures logistiques et d’une vision de long terme. C’est autour de ces enjeux que se sont articulés les échanges du dernier atelier du groupe de travail “Souveraineté et durabilité : le nouveau couple européen”, co-fondé par Edmond de Rothschild Asset Management dans le cadre du Think Tank “2030, Investir Demain”. -
Le rapport de la Commission sur la compétitivité bancaire peine à convaincre
Le document a été présenté et publié vendredi. Si le diagnostic est consensuel, les remèdes évoqués font débat. Pour Maria Luis Albuquerque, commissaire chargée des services financiers et de l’Union de l’épargne et des investissements, la tâche à venir la plus ardue sera de parvenir à changer les mentalités. -
Visa lance sa plateforme de stablecoins
La «Visa Stablecoin Platform» permettra la détention, l'échange et l'émission de stablecoins. Elle sera accessible en version bêta à une sélection de clients dans un premier temps. -
La cote parisienne s'érode inexorablement
L’Autorité des marchés financiers objective dans un document de travail l’attrition de la place de Paris, chiffrant la baisse du nombre d’émetteurs sur Euronext Paris et Euronext Growth, ce marché enregistrant un recul depuis 2024. -
Les fonds suédois collectent près de 1,5 milliard d’euros en juin
L’encours des fonds suédois atteint un nouveau record à 910 milliards d’euros.
ETF à la Une
GMO met au point un ETF dédié aux infrastructures face à la forte croissance du secteur de l'électricité
- Natixis Investment Managers crée sa plateforme d’ETF actifs
- BlackRock dépasse les 15.000 milliards de dollars d’encours sous gestion
- Alséa Partners relance le pari de la gestion « quality growth » en partenariat avec Quaero Capital
- Goldman Sachs enregistre des encours record au deuxième trimestre 2026
- L&G dévoile un nouvel ETF Ucits sur les actions mondiales
Contenu de nos partenaires
-
Ukraine : nouvel appel à manifester à Kiev pour soutenir l'ex-ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov
A Kiev, notamment, des manifestations ont eu lieu pour demander le retour de Mykhaïlo Fedorov à la tête du ministère de la Défense et le renvoi du commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Oleksandr Syrsky -
Guerre au Moyen-Orient : l'échange de frappes continue entre l'Iran et les Etats-Unis
Des bombardements américains ont fait trois morts dans le sud de l’Iran. Téhéran a répliqué : l’armée jordanienne a intercepté des missiles, tandis que Bahreïn et le Koweït ont aussi été la cible du régime iranien -
Ane de BuridanMélenchon ou Glucksmann ? Le choix impossible qui menace de faire imploser les Ecologistes de Marine Tondelier
En l’absence de primaire, les Verts n’ont plus les moyens de mener une candidature autonome à son terme. Quitte à n’être qu’une force d’appoint, certains autour de Marine Tondelier préparent déjà l’après : négocier un ralliement à la présidentielle contre des circonscriptions aux législatives