Countrywide fait l’objet de rumeurs persistantes de faillite
Dans le sillage du titre de l’établissement de crédit qui a perdu 27,4 % à Wall Street, les valeurs financières ont également souffert
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Kaysser Cherif
Nouveau coup de semonce à Wall Street. L’action Countrywide Financial a dévissé hier à la Bourse de New York sur des rumeurs de faillites du numéro un américain du crédit immobilier. Le titre, suspendu en cours de séance, a fini en forte baisse de 27,4 % à 5,55 dollars. Il s’agit de sa pire séance depuis le krach boursier de 1987. Pourtant, l’établissement de crédit a fait savoir que les rumeurs lui prêtant l’intention de demander à être placé sous la protection du code des faillites n’avaient «pas de substance». Countrywide avait ajouté qu’à sa connaissance aucune agence de notation n’envisageait d’action négative le concernant.
Mais Countrywide qui doit présenter vendredi un point sur son activité de prêts hypothécaires pour le mois de décembre, avant la publication de ses résultats du quatrième trimestre plus tard ce mois-ci est sur le qui-vive depuis le début de la crise du «subprime». Le 26 octobre dernier, l’établissement de crédit immobilier avait publié une perte de 1,2 milliard de dollars au titre du troisième trimestre, conséquence d’importantes dépréciations et du ralentissement du marché immobilier aux Etats-Unis. Pour le compte de ce même trimestre, Countrywide avait fait état d’une chute de 48 % de son volume de prêts hypothécaires en rythme annualisé. Avant cela, au mois d’août, Bank of America avait injecté deux milliards de dollars dans Countrywide, qui avait annoncé son intention de licencier jusqu’à 12.000 employés, soit un cinquième de ses effectifs.
Quoiqu’il en soit, ces rumeurs de faillite du premier établissement de crédit immobilier américain ont fait basculer Wall Street dans le rouge. L’indice Dow Jones a perdu 1,86% à 12.589,07 points, tandis que le Standard & Poor’s 500 a clôturé en baisse de 1,84% à 1.390,19 points. Un grand nombre de valeurs financières ont également souffert à commencer par Citigroup qui a perdu 4,03 % à 27,12 dollars. «La persistance des rumeurs selon lesquelles les institutions financières ne pourront faire l'économie de mesures draconiennes pour renforcer leurs fonds propres, en particulier dans le secteur du logement, voilà ce qui fait baisser le marché,» résume Peter Kenny de Knight Equity Markets cité par Reuters.
En outre, les assureurs «monoline» ont également souffert avec une baisse respective de 21 % et 22 % pour Ambac à 19,74 dollars et MBIA à 14,39 dollars. Les rehausseurs de crédit ont également fait les frais d’une opinion particulièrement négative de Morgan Stanley sur leurs perspectives financières.
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