Comment les catastrophes font baisser la note des Etats
Pour la première fois, Standard & Poor’s (S&P) a simulé l’impact potentiel de catastrophes naturelles sur les notations souveraines. Dans le cas de sinistres rares mais d’une ampleur exceptionnelle - dont la survenance est estimée tous les 250 ans - certaines notes pourraient être abaissées de deux crans. «L’impact le plus fort devrait provenir des séismes, suivis des tempêtes tropicales», précise Moritz Kraemer, l’un des auteurs de l'étude.
«D’un point de vue géographique, les notations souveraines en Amérique latine et dans les Caraïbes semblent être les plus menacées, devant l’Asie, en prenant en compte des aléas climatiques et géologiques plus importants que dans le reste du monde», ajoute l’analyste. Les pays situés en bordure des plaques tectoniques (littoral du Pacifique, Caraïbes, faille nord-anatolienne) sont en première ligne.
Ainsi, dans l’hypothèse d’un séisme exceptionnel, la note «AA-» du Chili pourrait chuter d’au moins deux crans, de même que la note «BB-» de la République dominicaine en cas de tempête tropicale majeure. Au Japon, un séisme majeur aurait des conséquences similaires sur la notation («AA-»). Un tel événement perturberait immédiatement les flux commerciaux, bloqueraient les sources d’approvisionnement et entraînerait la vente simultanée des actifs détenus à l'étranger par les résidents japonais, avec un rapatriement partiel des capitaux. Les conséquences sur l'économie mondiale et les marchés financiers seraient également douloureuses.
Le rapport souligne logiquement que les notations des pays en développement, qui disposent généralement d’une faible couverture assurantielle, sont particulièrement vulnérables aux catastrophes naturelles graves, suivis par les pays émergents et les économies avancées qui sont moins menacées. Pour quantifier ce risque et bâtir son outil simplifié de simulation, S&P a recouru aux données d’estimation des dommages directs fournies par Swiss Re. L’impact est évalué pour un panel de 48 pays et sur une période de cinq ans.
La simulation couvre quatre types de périls naturels : séismes, tempêtes tropicales, tempêtes hivernales et inondations.
Plus d'articles du même thème
-
JP Morgan AM retire de la cote un ETF obligataire vert
Clap de fin pour la classe obligataire cotée qui n’a pas trouvé son public. -
Les Etats-Unis progressent dans leur quête d’approvisionnement en terres rares
Soutenu par l’administration Trump, le groupe USA Rare Earth prévoit de s’emparer du producteur brésilien Serra Verde, valorisé 2,8 milliards de dollars, dans le cadre d’une opération payée en cash et en titres. -
L'exploitant de maisons de retraite Colisée compte repartir de l'avant avec une dette réduite d'un tiers
Le plan de sauvegarde accélérée valide l'éviction d'EQT, qui avait acquis Colisée en 2021 pour plus de 2 milliards d'euros, au profit des créanciers du groupe. -
Les réassureurs européens résistent encore aux tensions géopolitiques
Malgré les difficultés liées au taux de change et un environnement de marché plus concurrentiel, les réassureurs continuent de surperformer le marché. Depuis le début de l'année, le secteur s'est montré particulièrement résilient. Mais les renouvellements d’avril seront surveillés de près. -
Cerberus lève 2,3 milliards de dollars pour un fonds de continuation single-asset
CVC Secondary Partners apporte des capitaux à ce véhicule dédié à SubCom, unique fournisseur américain de câbles sous-marins. -
Les fondatrices peinent à financer leurs entreprises auprès des capital-risqueurs
Malgré un rebond du capital-risque en 2025, les start-up dirigées par des femmes restent structurellement sous-financées. Un rapport d'UBS identifie les biais à l'œuvre et esquisse la voie vers une plus grande égalité.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Groupama AM va sensibiliser les étudiants d’HEC Paris à la gestion d’actifs
- UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- Stéphane Vonthron : «La qualité de l’écoute est clé pour un commercial»
Contenu de nos partenaires
-
Voyage voyageBrigitte Macron et la diplomatie des dames
Si l'épouse d'Emmanuel Macron accompagne souvent son mari dans ses déplacements, elle voyage rarement seule en tant que première dame. C'est le cas ce 22 avril, au Maroc -
Think differentTim Cook, le patron d'Apple qui savait tirer les marrons du feu
Après quinze ans à la tête d'Apple, Tim Cook a permis à l'entreprise à la pomme de devenir l'un des acteurs tech les plus valorisés au monde -
Mise au point« Oh my God, on a un problème » : pourquoi Engie parle au RN depuis 2024 et la dissolution
« Oui, j'étais au dîner avec Marine Le Pen », assume la dirigeante d’Engie, Catherine MacGregor, qui considère avoir un rôle à jouer « pour éduquer les décideurs politiques et ne pas laisser se cristalliser des idées délétères pour la France »