Colony a les cartes en main pour dessiner un projet immobilier autour du PSG

L’ancienne répartition du capital entre les trois actionnaires égalitaires rendait tout processus décisionnel difficile sur le club de football
Virginie Deneuville

Simplifier l’actionnariat pour mieux régner. Alors que le capital du Paris Saint-Germain (PSG) était réparti depuis 2006 de manière égalitaire entre trois actionnaires financiers de référence, Butler Capital Partners, Morgan Stanley et Colony, ce dernier prend désormais le contrôle du club de football. Le fonds d’investissement détiendra 62,5 % du capital et la majorité des droits de vote via l’acquisition d’une participation d’environ 30 % auprès de Butler, qui reste actionnaire à hauteur de près de 5 %.

Ce remaniement actionnarial vise à simplifier le processus décisionnel. Car Butler et Colony n’avaient pas forcément les mêmes visées sur l’avenir du club de football. Alors que le premier mise sur un grand projet immobilier, au cœur duquel se trouve la modernisation du Parc des Princes, nécessitant des investissements, la logique du second passait par un réassainissement financier du club en vue d’une revalorisation.

« Nous voulons ouvrir le stade aux riverains, qui ne doivent plus voir dans cet équipement une source de nuisances mais un lieu familial et de convivialité », expliquait au journal Le Monde, Sébastien Bazin, président de Colony Capital Europe

Le choix de Colony par rapport à Butler en tant que repreneur principal s’est imposé, car le premier était à l’initiative du projet en 2006. « Colony nous a indiqué qu’il pensait nécessaire qu’il y ait un actionnaire majoritaire au PSG, Colony ou nous-mêmes. Bien que cela ne soit pas notre intention initiale, nous avons accepté afin de simplifier la situation du club », a expliqué Walter Butler, président de Butler. « Cette évolution de l’actionnariat marque notre engagement sur la durée au sein du Paris Saint-Germain et notre ambition pour le Club. Nous voulons poursuivre sa reconstruction afin que le Paris Saint-Germain retrouve rapidement le rang qui doit être le sien », a de son côté déclaré Sébastien Bazin.

Les termes financiers de la transaction n’ont pas été divulgués. « L’opération est satisfaisante pour nous sur le plan financier », s’est contenté de déclarer, au journal Le Parisien, Walter Butler. Le montant de l’opération reste toutefois minime par rapport aux capacités d’investissement des deux acteurs du private equity. En avril 2006, l’acquisition de l’intégralité du club auprès de Canal+ avait en effet été réalisé pour 41 millions d’euros.

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