CO2 : la Commission européenne veut des règles plus contraignantes
En vue de réduire les émissions polluantes d’au moins 20 % d’ici à 2020, certaines industries devront acheter 100 % de leurs droits à polluer dès 2013
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Même les Irakiens ont eu droit à une démonstration de dérèglement climatique, avec leur première neige de mémoire d’homme. Le changement du climat est devenu un véritable défi qu’entend relever l’Union européenne qui veut être en position de force pour aborder en 2009 la négociation internationale qui s’ouvrira sur l’après-protocole de Kyoto, qui expire en 2012.
Première étape, Bruxelles a proposé une stratégie qui doit lui permettre de réduire ses émissions polluantes d’au moins 20 % d’ici à 2020. Cela se fera en imposant de nouvelles contraintes aux industries, en produisant au moins 20 % d'énergies renouvelables en 2020 et en utilisant 10 % de biocarburants dans le total.
La conversion de l'économie européenne entraînera des dépenses de 0,5 % du PIB de l’UE en 2020, soit 60 milliards d’euros, et le prix de l'électricité augmentera de 10 à 15 %.
Mais cela ne représentera que trois euros par semaine et par citoyen européen et il faut comparer ces chiffres au coût de l’inaction estimé à 20 % du PIB dans le pire des cas et à 5 % du PIB dans le meilleur. La lutte contre la pollution, rien que dans le domaine des énergies renouvelables, emploiera en 2020 plus d’un million de personnes dans l’Union européenne.
Le mécanisme d'échange de permis de polluer européen, et non plus national, se basera sur les secteurs industriels afin d'éviter les distorsions. A terme, en 2020, toutes les industries devront acheter aux enchères 100 % de leur CO2 afin de les responsabiliser.
Certains secteurs, comme la production d'énergie, devront acheter 100 % de leurs droits à polluer dès 2013, mais, pour d’autres secteurs exposés à la concurrence, comme l’acier ou les raffineries, le mécanisme proposé est différent.
Ils disposeront de quotas de CO2 «gratuits» en attendant un accord international et, faute de compromis, la Commission verra en 2010-2011 s’il convient, comme le demande Paris, de taxer les importations des produits de pays «sales».
Ces enchères pourraient rapporter jusqu'à 50 milliards d’euros par an en 2020 aux Etats membres, qui les utiliseront pour promouvoir les énergies renouvelables.
Deuxième étape, les vingt-Sept, ainsi que le Parlement, doivent débattre de ces propositions. Il reste que, comme le rappelait hier Thierry Carol, directeur général adjoint de BlueNext, la nouvelle bourse mondiale de l’environnement, la question du contrôle strict des émissions de CO2 n’est pas le plus simple à définir.
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