Citigroup fait vœu de grande prudence avec les prêts immobiliers
Citigroup réduit la voilure, sans changer de cap. A la suite de la publication d’une perte record proche de 10 milliards de dollars au titre du 4e trimestre 2007, notamment issue de soucis liés au secteur immobilier, la banque américaine opte pour davantage de prudence. Elle a fait connaître hier son souhait de réduire d’un cinquième d’ici la fin de l’année prochaine le volume de son portefeuille de prêts résidentiels aux Etats-Unis. Ce dernier étant actuellement évalué à quelque 220 milliards de dollars, la banque évoque ainsi l’abandon volontaire de près de 45 milliards de dollars d’affaires.
Le Président de CitiMortgage, Bill Beckmann, a prévenu d’un resserrement des conditions d’octroi des prêts, mais la baisse de l’encours se produira aussi naturellement à mesure que les crédits seront remboursés. Le dirigeant concède qu’il restera à l’affût de « ventes opportunistes » de prêts, sans trop y compter toutefois « dans les conditions actuelle de marchés ». Citigroup souhaite distribuer directement par le biais de ses entités, d’ici la fin du 3e trimestre, 90 % des prêts gérés, contre 65 % actuellement. Parallèlement, la production de nouveaux crédits pourrait accuser un repli, souhaité, de 50 %. Une initiative qui devrait encore un peu plus restreindre l’offre de crédit sur le marché pour le consommateur américain.
Citigroup a atteint l’an passé la quatrième place sur le marché américain en termes de production de nouveaux crédits immobiliers à destination de la clientèle de particuliers. La banque a indiqué hier que la réorganisation annoncée en janvier des filiales de son pôle immobilier devrait lui faire bénéficier d’une économie annuelle voisine de 200 millions de dollars. Elle souhaite intégrer à sa branche CitiMortgage ses entités Citi Home Equity et Citi Residential. Bill Beckmann n’a pas souhaité évaluer le nombre de suppressions de postes correspondantes.
Il a confié que cette décision de frilosité au sein du secteur immobilier répondait pleinement aux attentes du nouveau directeur général de Citigroup, Vikram Pandit, qui ne souhaite pas voir figurer au sein de la banque des actifs qui ne génèreraient pas des rendements suffisamment élevés.
Las, cette décision n’aura pas d’incidence notable sur les résultats du trimestre en cours, pour lequel nombre d’observateurs attendent une nouvelle perte.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels. -
Bourse Direct est de nouveau sanctionnée par l’AMF
Le gendarme de la Bourse lui a infligé une amende de 800.000 euros. Sa dirigeante, Catherine Nini, écope d’une sanction de 50.000 euros. La commission des sanctions de l’AMF leur reproche des défaillances dans le dispositif de déclaration des transactions à l’AMF et dans le dispositif de surveillance et de détection des abus de marché. -
Le dollar retrouve momentanément son trône au sein des devises
Le billet vert est tiré depuis huit jours par la perspective d’une politique de la Fed plus restrictive, malgré l’accord de paix avec l’Iran, et plus globalement par une meilleure performance de l’économie américaine grâce à l’IA. -
Volkswagen cède le contrôle de ses moteurs industriels à Bain Capital
En transférant au groupe de private equity 51% du capital de sa filiale Everllence pour 7,4 milliards d’euros, le constructeur automobile augmentera sa flexibilité financière.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien