Citigroup annonce des pertes historiques et lève 14,5 milliards de dollars
«Inacceptables». Vikram Pandit a choisi hier un adjectif dépourvu de toute ambiguïté pour qualifier les tout premiers résultats trimestriels qu’il présentait en tant que directeur général de Citigroup. Analystes et investisseurs partagent son avis: le titre Citigroup a terminé la séance d’hier en baisse de 7,3%. La capitalisation boursière de la première banque des Etats-Unis s’est effondrée de 41,7% en trois mois. L’agence de notation Moody’s a de son côté ramené sa notation à long terme de AA à AA-. Citigroup se prépare à lever 14,5 milliards de dollars pour faire face à la crise.
Au titre du quatrième trimestre de 2007, Citigroup affiche une perte nette de 9,83 milliards de dollars, soit 1,99 dollar par action, le double de ce que les analystes de Wall Street avaient anticipé et la perte la plus importante jamais réalisée par la banque en 196 ans d’histoire. C’est la conséquence d’une dépréciation de 18,1 milliards de dollars, attribuable à hauteur de 17,4 milliards de dollars au portefeuille de CDOs de la banque, ces «collaterized debt obligations», adossées en quasi-totalité à des paquets de crédits immobiliers «subprime». Le 4 novembre dernier, Citigroup évaluait ces dépréciations entre 8 et 11 milliards de dollars.
La banque affronte une crise sur un deuxième front: elle annonce 5,41 milliards de dollars de provision pour risque crédit, dont 4,1 milliards pour les seuls crédits à la consommation. «Le crédit à la consommation aux Etats-Unis va continuer de se détériorer,» a de surcroît prévenu le directeur financier Gary Crittenden.
Dans ce contexte, Vikram Pandit entend frapper vite et fort. Citigroup annonce la suppression de 4200 emplois – soit environ 1,1% sur un effectif de 375000 personnes. Ce qui s’ajoute aux 17000 suppressions de postes annoncées en avril dernier. La banque ampute son dividende trimestriel de 41%, qui passe de 54 à 32 cents. Début novembre, le président du comité exécutif Robert Rubin affirmait encore qu’il serait préservé.
Après avoir reçu 7,5 milliards de dollars d’Abou Dhabi en novembre, Citi annonce le placement privé de 12,5 milliards auprès du fonds souverain de Singapour (le GIC, pour 6,88 milliards), de la Kuwait Investment Authority, de la société de gestion Capital Research & Management, de l’Etat du New Jersey, du prince saoudien Alwalid ben Talal (déjà premier actionnaire avec environ 4% du capital) et de l’ancien P-DG Sandy Weill. Deux milliards d’actions préférentielles convertibles seront placés sur le marché.
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