Chypre semble bien se rapprocher à grands pas d’une demande de soutien

Nicosie doit recapitaliser la deuxième banque du pays d’ici fin juin, alors que Moody’s a dégradé cette nuit la note du pays de de deux crans à Ba3
Antoine Duroyon

Le temps presse pour Chypre. L'île du bassin levantin doit trouver 1,8 milliard d’euros d’ici la fin du mois pour recapitaliser Cyprus Popular Bank, le deuxième établissement financier du pays.

La perspective d’une demande de soutien s’est encore renforcée hier avec les déclarations du ministre délégué aux Affaires européennes. Andreas Mavroyiannis, en déplacement en Irlande, a assuré que toutes les options étaient sur la table. Etant donné son montant relativement limité, ce soutien pourrait être apporté de manière bilatérale par la Russie ou la Chine. L’an dernier, le gouvernement chypriote s'était déjà tourné vers Moscou pour conclure un accord de prêt de 2,5 milliards d’euros.

Il pourrait également solliciter les fonds de sauvetage européen, auquel cas le montant demandé serait plus conséquent. «Nous parlons de montants qui pourraient atteindre 3 à 4 milliards d’euros maximum», a déclaré Andreas Mavroyiannis. «Le problème avec le recours au mécanisme (de sauvetage européen) est qu’il a une connotation très négative compte tenu de ce qui s’est passé en Grèce», a-t-il ajouté. Une troisième option pourrait être la combinaison de prêts bilatéraux et de fonds européens.

Son collègue, le ministre des Finances Vassos Shiarly s’est montré plus tranchant. «Notre premier choix, comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, est de mener à bien une opération de recapitalisation des banques via des solutions privées», a-t-il affirmé.

Dans tous les cas, l’Etat chypriote, qui prendra pour une durée de six mois la présidence tournante de l’Union européenne à compter du 1er juillet, entend respecter ses partenaires. «Les fonds peuvent venir de l’extérieur, mais il faut agir dans le cadre de l’Union», a souligné Andreas Mavroyiannis. Le gouverneur de la banque centrale de Chypre, Panicos Demetriades, s’est dit hier «prudemment optimiste» sur le fait que le pays surmontera ses difficultés actuelles.

Les marchés adoptent eux une ligne sensiblement différente; le coût de la protection contre le risque de défaut de Chypre à 5 ans s’est tendu hier de 80 points de base (pb) à 1.650 pb, d’après Markit, un record. Un mouvement qui devrait perdurer après la dégradation cette nuit par Moodys’s de la note du pays de deux crans à Ba3, l’enfonçant d’autant dans la catégorie spéculative.

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