Chypre profite de l’appétit des investisseurs pour le rendement
Chypre a su profiter des conditions avantageuses de financement pour placer un milliard d’euros d’obligations à 7 ans hier en concédant un rendement de 4%, soit le point bas de la fourchette indicative visée et correspondant à un spread de 367 pb au-dessus du taux mid-swap. Malgré une dette maintenue en catégorie spéculative à «B3/B+/B-» par Moody’s, S&P et Fitch, l’opération syndiquée dirigée par Barclays, HSBC, Morgan Stanley et SG CIB a rassemblé un carnet d’ordres de 2 milliard d’euros émanant principalement de fonds d’investissement et de hedge funds américains et européens attirés par le rendement.
«Cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts réalisés par Chypre pour sortir du programme d’aide international», précise Zeina Bignier, responsable de l’origination secteur public chez SG CIB. Le pays avait déjà placé 750 millions d’euros d’obligations à 5 ans à un taux de 4,85% en juin 2014. Leur rendement s’est détendu de 247 pb ces deux derniers mois à 3,07%, profitant de l’annonce puis du lancement du programme de rachats de la BCE même si Chypre en est pour le moment exclue, comme la Grèce et Estonie. La dette chypriote à 5 ans offre néanmoins toujours un spread de 319 pb par rapport au niveau du Bobl allemand, et de respectivement 254 pb et 220 pb par rapport aux rendements des obligations d’Etat espagnoles et portugaises de même maturité.
La gouverneure de la banque centrale, Chrystalla Georghadji, s’est dit hier prête à prendre des mesures en cas de contagion de la crise grecque, tout en précisant que les investisseurs faisaient la distinction entre la situation des deux pays. «L’évolution des rendements chypriotes diverge de celle des obligations grecques, ce qui reflète la distinction faite par les marchés internationaux entre les deux économies», a-t-elle indiqué. Le rendement grec à 5 ans a atteint 15%, tandis que Chypre a bénéficié de la loi votée mi-avril réclamée par ses créanciers et facilitant les procédures de saisies des banques. Une réforme qui lui a ouvert la voie au versement d’une nouvelle tranche d’aide.
Le Portugal, en cours de remboursement de ses dernières lignes de prêts auprès du FMI, a quant à lui mandaté Barclays, Citigroup, HSBC, Novo Banco, RBS et SG CIB pour se charger du placement d’une émission syndiquée qui devrait être réalisée dans les prochains jours. Une opération qui lui permettrait ainsi d’allonger la maturité de sa dette.
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