Certaines émissions high yield ou non notées nous paraissent intéressantes
Etienne Gorgeon, responsable de la gestion taux et crédit chez Edmond de Rothschild IM
Publié le
Violaine Le Gall
L’Agefi : Vous intéressez-vous aux émetteurs non notés ou high yield qui sont venus sur le marché primaire du crédit ces dernières semaines ?
Etienne Gorgeon: L’année 2009 est probablement l’année de la désintermédiation bancaire. Le marché primaire du crédit s’est substitué au marché des prêts bancaires. Ce retrait marqué des banques aura trois conséquences. D’abord, de plus en plus d'émetteurs non notés viennent se financer sur le marché de la dette corporate publique tels que Heineken, Adidas et plus récemment Havas. Ensuite, on observe la venue de nouveaux noms moins connus du marché tels que Hellas, Sixt et AP Moller-Maersk. Enfin, le marché primaire high yield retrouve une impressionnante vitalité, notamment avec les émissions de Campofrio, Virgin Media, Sixt, Sig/Reynolds. Nous avons participé à certaines de ces émissions en sélectionnant celles qui nous paraissaient les plus intéressantes en termes de rendement-risque. De plus, intégrer de nouveaux émetteurs dans nos portefeuilles permet d’accroître notre diversification.
Plus globalement, quelle est votre stratégie ?
Nous sommes dans un environnement de marché qui bénéficie d’un afflux massif de liquidités, ce qui a pour conséquence de comprimer toute forme de prime de risque et de permettre à des sociétés en difficultés d’émettre du capital, et d’assainir ainsi leur bilan. Dans ce contexte, la classe d’actif crédit a toutes les raisons de continuer à performer. Cependant, nous anticipons un marché beaucoup moins directionnel où la performance sera plus équilibrée entre la compression du spread et le coupon. Pour toutes ces raisons, 2010 devrait être une année de «stock picker» sur le crédit.
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