Carrefour plus soutenu par la spéculation que par ses résultats
Sans véritablement décevoir, les comptes de 2007 font apparaître une dégradation plus marquée que prévu de la marge en France
Publié le
Olivier Decarre
Pour Carrefour, sa performance de 2007 s’est révélée en ligne avec ses attentes. Le résultat opérationnel (+3,4 %) a progressé moins vite que les ventes (+6,8 %), donnant une marge en repli de 0,1 point à 4 %. Sans se montrer véritablement déçus, les analystes sont tout de même un peu restés sur leur faim, notamment sur la France où avec un résultat opérationnel en baisse de 5,7 %, la marge est tombée à 4,13 %. « L’érosion de la marge en France semble plus forte que prévu (-30 pb contre -20 à -25 pb) », relève Aurel.
Point positif toutefois, cette baisse « est compensée par une progression supérieure à nos attentes de la profitabilité en Asie (+50 pb) et en Amérique latine (+100 pb) », poursuit le bureau.
C’est au demeurant sur ces marchés dits « de croissance » que Carrefour compte appuyer son développement pour atteindre ses objectifs (confirmés) pour 2008, à savoir une croissance de 6 % à 8 % accompagnée d’une amélioration de la marge. Ces marchés vont donc peu à peu prendre du poids au sein du groupe, réduisant d’autant celui de la France qui ne devrait plus compter que pour 40 % de l’opérationnel en 2010 contre 47 % en 2007 et 62 % en 2004.
C’est aussi en améliorant sa rentabilité sur ces marchés de croissance que Carrefour entend atteindre deux objectifs majeurs : un cash-flow libre d’environ 1,5 milliard par an jusqu’en 2010 et un retour sur capitaux employés de 22 % en 2010 contre 19 % l’an dernier.
Toujours est-il que ce ne sont pas tant ces chiffres que les nouvelles sur le capital qui ont tiré l’action hier (+4,09 % à 48,34 euros). « La décision de la famille Halley (NDLR : de mettre fin à son concert) va évidemment renforcer la thématique spéculative sur le titre », constate CM-CIC dans une note. D’une part, certains relèvent qu’en devenant le premier actionnaire avec 9,1 %, Blue Capital va pouvoir accroître sa pression, notamment sur la valorisation de l’immobilier (lire ci-dessous). D’autre part, poursuit CM-CIC, « l’éclatement du capital du groupe va rendre attractive pour les différents prédateurs l’acquisition d’un strapontin au capital. Un strapontin qui, grâce à la magie du jeu des chaises musicales, peut se retrouver transformé en fauteuil d’orchestre ».
Interrogé sur ces évolutions, le président du directoire, Jose Luis Duran, a simplement répondu que pour lui, l’essentiel est que soit maintenue la « stabilité » de la gouvernance et du management.
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