Carrefour plus soutenu par la spéculation que par ses résultats
Pour Carrefour, sa performance de 2007 s’est révélée en ligne avec ses attentes. Le résultat opérationnel (+3,4 %) a progressé moins vite que les ventes (+6,8 %), donnant une marge en repli de 0,1 point à 4 %. Sans se montrer véritablement déçus, les analystes sont tout de même un peu restés sur leur faim, notamment sur la France où avec un résultat opérationnel en baisse de 5,7 %, la marge est tombée à 4,13 %. « L’érosion de la marge en France semble plus forte que prévu (-30 pb contre -20 à -25 pb) », relève Aurel.
Point positif toutefois, cette baisse « est compensée par une progression supérieure à nos attentes de la profitabilité en Asie (+50 pb) et en Amérique latine (+100 pb) », poursuit le bureau.
C’est au demeurant sur ces marchés dits « de croissance » que Carrefour compte appuyer son développement pour atteindre ses objectifs (confirmés) pour 2008, à savoir une croissance de 6 % à 8 % accompagnée d’une amélioration de la marge. Ces marchés vont donc peu à peu prendre du poids au sein du groupe, réduisant d’autant celui de la France qui ne devrait plus compter que pour 40 % de l’opérationnel en 2010 contre 47 % en 2007 et 62 % en 2004.
C’est aussi en améliorant sa rentabilité sur ces marchés de croissance que Carrefour entend atteindre deux objectifs majeurs : un cash-flow libre d’environ 1,5 milliard par an jusqu’en 2010 et un retour sur capitaux employés de 22 % en 2010 contre 19 % l’an dernier.
Toujours est-il que ce ne sont pas tant ces chiffres que les nouvelles sur le capital qui ont tiré l’action hier (+4,09 % à 48,34 euros). « La décision de la famille Halley (NDLR : de mettre fin à son concert) va évidemment renforcer la thématique spéculative sur le titre », constate CM-CIC dans une note. D’une part, certains relèvent qu’en devenant le premier actionnaire avec 9,1 %, Blue Capital va pouvoir accroître sa pression, notamment sur la valorisation de l’immobilier (lire ci-dessous). D’autre part, poursuit CM-CIC, « l’éclatement du capital du groupe va rendre attractive pour les différents prédateurs l’acquisition d’un strapontin au capital. Un strapontin qui, grâce à la magie du jeu des chaises musicales, peut se retrouver transformé en fauteuil d’orchestre ».
Interrogé sur ces évolutions, le président du directoire, Jose Luis Duran, a simplement répondu que pour lui, l’essentiel est que soit maintenue la « stabilité » de la gouvernance et du management.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels. -
Bourse Direct est de nouveau sanctionnée par l’AMF
Le gendarme de la Bourse lui a infligé une amende de 800.000 euros. Sa dirigeante, Catherine Nini, écope d’une sanction de 50.000 euros. La commission des sanctions de l’AMF leur reproche des défaillances dans le dispositif de déclaration des transactions à l’AMF et dans le dispositif de surveillance et de détection des abus de marché. -
Le dollar retrouve momentanément son trône au sein des devises
Le billet vert est tiré depuis huit jours par la perspective d’une politique de la Fed plus restrictive, malgré l’accord de paix avec l’Iran, et plus globalement par une meilleure performance de l’économie américaine grâce à l’IA. -
Volkswagen cède le contrôle de ses moteurs industriels à Bain Capital
En transférant au groupe de private equity 51% du capital de sa filiale Everllence pour 7,4 milliards d’euros, le constructeur automobile augmentera sa flexibilité financière.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien