Carlyle ferait profil bas pour son introduction en Bourse

La société viserait une valorisation de 7,5 à 8 milliards de dollars à l’issue d’une tournée de présentation débutant la semaine prochaine
Benoît Menou

Au terme d’un parcours long et sinueux, Carlyle arrive dans la dernière ligne droite avant son entrée sur le Nasdaq. Après avoir renoncé en 2007 à une introduction en Bourse du fait de la crise, la société américaine de private equity a d’ores et déjà enregistré auprès de la SEC les premiers documents de l’opération, passant par l’émission de titres représentant 10% du capital élargi.

Hier, des sources concordantes, relayées en premier lieu par Bloomberg, croyaient savoir que Carlyle pourrait bien entamer dès la semaine prochaine une tournée de présentation aux investisseurs, avec une cotation début mai en ligne de mire. Ces sources évoquaient la vente de 750 à 800 millions de dollars de titres, correspondant à un objectif de valorisation de la part de la société de 7,5 à 8,0 milliards. Carlyle n’a pas souhaité commenter l’information.

Cette capitalisation pressentie n’a rien de flamboyante. En 2007, âge d’or pour les maîtres du capital investissement, le fonds d’Abou Dhabi, Mubadala, avait versé 1,35 milliard de dollars pour une part de 7,5% au capital de Carlyle, lui octroyant une valorisation implicite de quelque 18 milliards. Certes, Blackstone, qui avait le premier réussi à concrétiser son IPO en 2007 avant la débâcle, a vu depuis lors sa valorisation chuter de 29 à 16,5 milliards de dollars.

Mais la valorisation estimée de Carlyle n’en reste pas moins deux fois moindre que celle de son éternel rival, en dépit de montants d’actifs sous gestion relativement voisins, à 147 milliards de dollars à fin 2011 pour Carlyle contre 166 pour Blackstone. Une prime semble devoir être consentie à ce dernier sur la base d’une diversification bien plus aboutie de ses activités, notamment dans la gestion alternative ou immobilière.

Ecartant la référence au bénéfice net (1,4 milliard en 2011 pour Carlyle, pour un chiffre d’affaires de 2,85 milliards), les analystes manquent encore de repères pour valoriser les quelques acteurs du secteur, aux profils divers. D’autant plus dans un environnement boursier encore bien incertain, qui a de quoi inciter Carlyle à la modération. La société américaine de private equity songerait même à repousser encore son opération d’entrée en Bourse si le marché devait être jugé trop fébrile ou s’il ne réservait pas un accueil assez chaleureux à l’IPO du gestionnaire d’actifs Oaktree Capital Management cette semaine.

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