Bush attend du Congrès un feu vert rapide à la relance
Prononçant hier soir son dernier discours sur l’état de l’Union, le président George W. Bush a estimé que «les Américains pouvaient être confiants dans notre croissance économique à long terme». Sans aller jusqu’à évoquer l’hypothèse d’une récession, il a toutefois reconnu que «à court terme, nous pouvons tous constater que cette croissance ralentit». Le président américain a donc appelé les élus du Congrès à adopter «aussi vite que possible» le plan de relance de près de 150 milliards de dollars élaboré à la fin de la semaine dernière par son administration et les responsables de la Chambre des Représentants. Sans les nommer, il a mis en garde les sénateurs contre la tentation qui leur est très largement prêtée: «charger la loi». En d’autres termes l’alourdir de mesures supplémentaires qui entraîneraient aussitôt un débat prolongé.
Harry Reid, qui dirige la majorité démocrate du Sénat, souhaite voir la loi adoptée d’ici le 18 février, ce qui permettrait aux contribuables de bénéficier au mois de mai de leurs réductions d’impôts, sous la forme d’un chèque de 600 à 1200 dollars pour la plupart d’entre eux. Mais la Commission des Finances du Sénat a dévoilé lundi son propre plan de relance, aux modalités sensiblement différentes. Les baisses d’impôts sont mois généreuses (de 500 à 1000 dollars), mais environ 20 millions d’Américains non imposables âgés de plus de 62 ans, recevraient un chèque de 500 dollars tandis que la durée des allocations chômage serait prolongée de 26 à 39 semaines.
Il n’est donc pas certain que ce premier message présidentiel sera entendu, pas plus que celui, déjà maintes fois exprimé, consistant à pérenniser les baisses d’impôts votées au cours de son premier mandat et qui expirent fin 2010. Dans cette hypothèse, 116 millions d’Américains verraient à cette date leurs impôts annuels augmenter de 1800 dollars en moyenne, a indiqué George W. Bush hier.
Entrant dans la dernière année de son mandat, le président américain peut s’en prendre sans risque à la pratique des élus du Congrès de servir leurs circonscriptions en attachant en toute opacité le financement de projets locaux à des textes de loi sur des sujets sans aucun rapport. Tous ces projets, dit «earmarks», devraient désormais être identifiés et faire l’objet d’un vote, a préconisé George W. Bush. Leur total devra être diminué de moitié sauf à être exposé à un veto présidentiel. Le projet de budget de la Maison Blanche annule ou diminue considérablement 151 «earmarks» d’un total de 18 milliards de dollars.
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