BSkyB risque une moins-value de 250 millions de livres sur ITV
Les mauvaises conditions de marché devraient compliquer les conditions d’exercice d’une cession de titres ordonnée au nom de la concurrence
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Yves-Marc Le Réour
Retour de balancier potentiellement coûteux pour BSkyB. Le gouvernement britannique a en effet ordonné mardi au groupe de télévision payante BSkyB de ramener à moins de 7,5 %, contre 17,9 % actuellement, sa participation dans le diffuseur indépendant ITV, afin d’éviter « une baisse substantielle du niveau de concurrence » dans le secteur audiovisuel. BSkyB avait en effet en novembre 2006 payé 940 millions de livres (soit 1,3 milliard d’euros) cette participation dans ITV, empêchant ainsi le câblo-opérateur NTL, devenu depuis Virgin Media, de racheter le plus important diffuseur privé de chaînes commerciales au Royaume-Uni. Aujourd’hui premier actionnaire d’ITV, BSkyB, lui-même détenu à 39,1 % par News Corp, avait indiqué à l’époque vouloir effectuer un investissement de long terme ; l’ex-directeur général de BSkyB James Murdoch avait à cette occasion été fortement critiqué, l’actionnaire de référence de Virgin Media, Richard Branson, n’ayant pas hésité à qualifier Sky de « menace pour la démocratie ».
Cette décision, qui fait suite à la recommandation de la commission de la concurrence émise fin décembre, pourrait coûter quelque 250 millions de livres (330 millions d’euros) de moins-value à BSkyB au niveau actuel de valorisation d’ITV, compte tenu de la chute du cours de ce dernier. Si le groupe satellitaire a désormais quatre semaines maximum pour saisir le cas échéant les instances d’appel en matière de concurrence, John Hutton, Secrétaire d’Etat aux PME et à la réforme réglementaire, a précisé « qu’il ne dévoilera pas la période de temps accordée à BSkyB pour s’acquitter de ce désinvestissement, à la demande du cédant ». Il a également stipulé que BSkyB ne devait pas vendre de titres à une partie liée, ni accepter de siège au conseil d’administration d’ITV et enfin qu’il lui était interdit d’acquérir à nouveau des actions du diffuseur.
ITV a estimé dans un communiqué que cette décision comme allant « dans le meilleur intérêt de la très grande majorité de nos actionnaires », tandis que BSkyB s’est contenté d’annoncer qu’il « examinerait attentivement cette annonce avant de confirmer les mesures à prendre en temps opportun ». Nombre d’analystes pensent qu’il ne sera pas évident que BSkyB trouve un acheteur qui fasse l’affaire pour sa participation étant donné le contexte troublé des marchés.
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