Bruxelles s’attaque indirectement à la politique salariale allemande

La Commission préconise des hausses de salaires dans les pays où leur croissance est restée en deçà des gains de productivité
Florence Autret, à Bruxelles

Alors qu'à l’approche de l'élection présidentielle française, les marchés comme la plupart des dirigeants européens ont adopté une position d’attente, la Commission de Bruxelles ouvre le débat sur la politique de l’emploi. Deux recommandations, parmi l'épais «paquet» présenté ce mercredi par le commissaire à l’Emploi Lazslo Andor, devraient retenir l’attention. D’abord Bruxelles recommande, plus explicitement qu’elle ne l’a jamais fait, de lier augmentation des salaires et de la productivité afin de faciliter la création d’emplois.

«Des mécanismes de fixation de salaires assurant que la croissance du salaire réel reflète les développements de productivité... sont une condition préalable pour que la croissance se traduise par une augmentation de la demande de travail et des créations d’emploi», peut-on lire dans un document que L’Agefi a pu consulter. Lazslo Andor plaide ainsi de façon subliminale pour une augmentation des salaires en Allemagne. «Bien que la modération salariale ou des ajustements puissent s’avérer nécessaires dans certains secteurs ou certains pays, des augmentations ciblées, qui aident à soutenir la demande agrégée, seraient faisables là où les salaires sont restés significativement en deçà du développement de la productivité», note en effet la Commission.

Bruxelles s’aventure également sur le terrain glissant du salaire minimum qui pourrait, s’il est «établi au bon niveau,... aider à prévenir le phénomène en croissance des travailleurs pauvres». Cela dit, la Commission se défend de vouloir interférer avec la fixation ou même la création d’un salaire minimum, un sujet débattu en Allemagne depuis plusieurs années, sans jamais aboutir à la création d’un minima intersectoriel. En janvier, l’Organisation internationale du travail s’en était pris à «la politique de déflation salariale allemande», la désignant comme une des causes de la crise de la zone euro.

Les autres recommandations – également volontaires – portent sur les mesures d’accompagnement de la transition entre chômage et l’emploi, l’allègement de la fiscalité du travail, ou encore l’investissement dans les secteurs porteurs.

Le chômage a continué à augmenter au début de 2012, selon Eurostat, atteignant 10,8% en février, avec des disparités jamais vues: 5,7% en Allemagne contre 10% en France. Pour atteindre l’objectif de 75% d’emploi des 20-64 ans fixé par les Vingt-Sept, près de 18 millions d’emplois devraient être créés.

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